Pas plus d'aide d'Ottawa

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Télévisions   © PC/J.P. Moczulski

Devant un comité parlementaire, le ministre du Patrimoine canadien n'ouvre aucune porte vers une aide financière supplémentaire aux chaînes généralistes, comme celles-ci le réclament.

Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, estime que les télédiffuseurs canadiens assureront leur avenir en faisant un bon usage des nouvelles technologies.

Comparaissant devant le comité du patrimoine de la Chambre des communes, qui se penche sur l'industrie de la télévision, mercredi, le ministre Moore a ajouté la transition vers le numérique rendra les entreprises de télédiffusion plus efficaces et rentables à long terme.

Par ailleurs, James Moore n'a donné aucun signal selon lequel le gouvernement conservateur pourrait augmenter son aide aux télévisions généralistes, comme celles-ci le réclament. Les réseaux TVA et TQS disent traverser la pire crise de leur histoire, notamment en raison de la baisse de leur auditoire et de leurs revenus publicitaires.

Radio-Canada aura son enveloppe

Le ministre du Patrimoine canadien James Moore Le ministre du Patrimoine canadien James Moore (archives)   © PC/Sean Kilpatrick

M. Moore a en outre confirmé que Radio-Canada recevra bientôt un montant de 60 millions de dollars cette année pour financer sa programmation. Cette somme s'ajoute à celle de 1,1 milliard de dollars en financement public. Il a assuré que le financement du diffuseur public ne serait pas réduit.

Les paroles du ministre n'ont toutefois pas semblé convaincre ses adversaires politiques, ni les observateurs de l'industrie présents à sa comparution. La députée bloquiste Carole Lavallée a déclaré que « depuis qu'il a été nommé, ce qu'il dit et ce qu'il fait, ce sont deux choses totalement différentes ».

Le président de l'organisme de surveillance Friends of Canadian Broadcasting (FCB), Ian Morrison, partage cet avis: « Je m'attendais à ce que le ministre vienne nous dire la vérité et ce n'est pas le cas. C'est décevant, parce que la différence entre ses paroles et ses gestes est évidente. »

Rappelons que la société d'État est confrontée à un manque à gagner de plus de 160 millions de dollars, qui a récemment entraîné des compressions touchant 800 employés.

Le ministre a refusé de se prononcer sur d'éventuelles redevances qui seraient versées par les câblodistributeurs, comme le réclament les diffuseurs privés. Il appartient, selon lui, au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui se penche sur cette question ces jours-ci, de trancher.

Radio-Canada devant le CRTC

La société d'État comparaissait justement aux audiences du CRTC, à Gatineau, mercredi. Le vice-président principal des services français, Sylvain Lafrance, a lui aussi plaidé en faveur des redevances.

Selon lui, ces redevances sont non seulement nécessaires, mais urgentes, vu la situation actuelle des généralistes. Il a proposé d'établir un « tarif intérimaire » qui entrerait en vigueur en janvier 2010 et qui pourrait être ajusté par la suite.

« Ça n'a pas de bon sens que, quand vous êtes un abonné du câble, vous payez pour tout un paquet de chaînes que vous n'écoutez pas, mais vous ne payez ni pour TVA, ni pour Radio-Canada, ni pour TQS à travers l'abonnement au câble. Ça me semble complètement anormal et ça vient aujourd'hui totalement déséquilibrer le système », a déclaré M. Lafrance.

Pour Sylvain Lafrance, ces redevances sont nécessaires, car les télévisions généralistes diffusent les grandes séries, coûteuses à produire, tout comme les bulletins d'information et les émissions d'affaires publiques. Il a également insisté sur l'importance de la présence des télévisions généralistes en région.

La question des redevances ne devait pas être soulevée au cours de ces audiences, le CRTC les ayant déjà rejetées. Les télévisions généralistes jugent toutefois que la situation actuelle les oblige à ramener la question sur le tapis.

Le vice-président aux affaires du câblodistributeur Cogeco, Yves Mayrand, a d'ailleurs accusé les généralistes de ne pas accepter la décision du CRTC.