Photo : AFP/Carl de Souza
Selon des statistiques, l'utilisation des pistolets électriques par les agents de la GRC a baissé de façon importante en 2008 comparativement à l'année précédente.
Des statistiques publiées jeudi démontrent que l'utilisation des pistolets électriques par les agents la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a connu une baisse importante en 2008 comparativement à l'année précédente.
Selon le président de la Commission des plaintes du public contre la GRC, Paul Kennedy, les agents ont moins souvent utilisé leurs pistolets à décharge électrique dans une proportion de 30 %.
De plus, ces policiers n'ont pas eu à appuyer sur la détente dans environ la moitié des cas où ils ont dû dégainer. Il s'agit d'une hausse de 28 % par rapport à 2007.
Le rapport complet du président de la Commission des plaintes du public contre la GRC sera publié la semaine prochaine.
Des changements de comportement
Selon Paul Kennedy, cette baisse dans le nombre de décharges électriques émises pourrait refléter des changements de comportement tant chez les membres de la GRC que dans la population. En effet, les agents auraient démontré davantage de retenue avec ces pistolets et la population serait plus méfiante.
Toutefois, la baisse ne serait pas nécessairement attribuable aux changements apportés par la GRC concernant l'utilisation de ces armes.
Le danger des décharges répétées
Selon une nouvelle étude obtenue par l'émission Enquête de Radio-Canada, les décharges répétées de pistolet électrique peuvent accroître le risque de mortalité. Mais alors que des chercheurs et des politiciens recommandent de restreindre davantage l'utilisation des décharges multiples, la GRC a décidé de faire le contraire.
Jusqu'à tout récemment, la GRC interdisait à ses agents d'administrer des décharges multiples sauf si les circonstances le justifiaient. Mais en février dernier, les règles ont été changées puisque la politique qui les obligeait à faire une mise en garde au suspect avant d'actionner leur pistolet électrique a été retirée.
Disant se baser sur la meilleure information médicale disponible, la GRC considère que l'emploi de décharges répétées est sécuritaire. Pourtant, en juin dernier, le comité des Communes sur la sécurité publique avait demandé de restreindre davantage l'utilisation de telles décharges.
Le professeur Pierre Savard, de l'École polytechnique de Montréal, croit que les décharges répétées de Taser sont dangereuses. Il a effectué une analyse statistique en utilisant des données provenant d'Amnistie internationale et de la GRC.