Au Canada comme au Mexique

L'espoir que l'avènement de l'administration Obama entraîne un relâchement de la sécurité frontalière s'est évanoui, mercredi. La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a déclaré que les mesures de sécurité déployées par les États-Unis à sa frontière avec le Canada devraient être les mêmes que celles mises en oeuvre à la frontière avec le Mexique.

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, est formelle: les mesures de sécurité mises en oeuvre à la frontière mexicaine devraient l'être aussi à la frontière canadienne.

Un camion de la garde frontalière patrouille le long d'un mur séparant le Mexique des États-Unis. Un camion de la garde frontalière patrouille le long d'un mur séparant le Mexique des États-Unis.   © AFP/David McNew/Getty Images

La frontière mexicaine est actuellement gardée avec beaucoup plus d'attention que la frontière canadienne, en raison des milliers de Mexicains qui tentent chaque semaine de s'introduire en douce en territoire américain et de la montée en puissance des cartels de la drogue, principaux importateurs de cocaïne aux États-Unis.

Lors d'une allocution prononcée à l'occasion d'un colloque organisé par le centre de recherche Brookings Institution, Mme Napolitano, longtemps gouverneure du Nouveau-Mexique, a été on ne peut plus claire. La frontière canado-américaine, a-t-elle dit, est « une véritable frontière, et nous devons la considérer comme telle ».

« L'une des choses à laquelle nous devons être sensibles est le sentiment réel dans les États frontaliers du sud et au Mexique que, si quelque chose est fait à la frontière mexicaine, cela devrait être aussi fait à la frontière canadienne. [...] Nous ne devrions pas ménager l'une et être sévères envers l'autre ».

« Il y un ALENA [Accord de libre-échange nord-américain], une zone, un continent, et ce devrait être la parité. Je ne mentionne pas ça pour laisser entendre que tout le monde dans cette pièce est d'accord, je le mentionne pour souligner que c'est quelque chose avec lequel je dois composer, alors je demande votre compréhension », a poursuivi Mme Napolitano.

« Les gens sont habitués à traverser de part et d'autre de la frontière [canado-américaine], les équipes de hockey traversent de part et d'autre de la frontière... Les gens ne pensent tout simplement pas qu'il s'agit de deux pays. Mais la réalité existe et c'est qu'il existe une frontière. »

Janet Napolitano a d'ailleurs affirmé que l'administration Obama n'avait pas l'intention de reporter l'entrée en vigueur de la nouvelle loi obligeant tous les Canadiens qui veulent franchir la frontière à être muni d'un passeport ou d'un permis de conduire à puce. Une représentante new-yorkaise au Congrès, Louise Slaughter, tente de repousser l'échéance du 1er juin 2009 au 1er juin 2010.

« Nous sommes prêts à aller de l'avant en juin », a dit Mme Napolitano, tout en admettant que l'entrée en vigueur de la loi soulève « beaucoup d'inquiétudes des deux côtés de la frontière ». « Nous regardons ce que nous pouvons faire avec le Canada pour publiciser l'arrivée de la date d'échéance », indique-t-elle.

Lors de sa visite au Canada, en février, le président Obama avait dit avoir discuté de la sécurité à la frontière avec le premier ministre Harper. « Nous avons de réelles inquiétudes en matière de sécurité, tout comme le Canada, mais je crois qu'il est possible de trouver un équilibre entre [ces] inquiétudes et la [nécessité] d'une frontière ouverture qui encourage cette extraordinaire relation commerciale », avait-il affirmé.

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