Le ministre du Patrimoine canadien James Moore (Archives)
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PC/Sean Kilpatrick
Le ministre du Patrimoine, James Moore, croit que la Société Radio-Canada sera en mesure de maintenir un niveau de services en français adéquat à l'échelle nationale, malgré ses problèmes financiers.
Le ministre du Patrimoine croit que la société d'État peut maintenir un niveau de services en français adéquat à l'échelle du pays en dépit de ses problèmes financiers.
Témoignant devant le comité des langues officielles de la Chambre des communes, il a répondu aux questions de députés inquiets des compressions qui s'en viennent à la société d'État, et de l'impact sur les minorités francophones à l'extérieur du Québec. Le ministre Moore a évoqué la semaine dernière la possibilité que Radio-Canada élimine de 600 à 1200 postes ce printemps.
Yvon Godin
« C'est qui à Radio-Canada qui va perdre? C'est qui les 600 emplois? Est-ce que c'est dans le bureau de Radio-Canada à Montréal ou ça va aller dans toutes les communautés partout dans le pays. Parce que dans les communautés, nous, la personne qui a la caméra, c'est la même personne qui pose la question. Si vous éliminez cet emploi, le bureau est parti », a demandé le député néo-démocrate du Nouveau-Brunswick, Yvon Godin.
Le ministre Moore s'est voulu rassurant: « À plusieurs reprises, j'ai eu des réunions avec Hubert Lacroix, et il me donne l'assurance qu'il est confiant, absolument confiant que les services dont les Canadiens ont une expectation (sic) de Radio-Canada dans votre comté au Nouveau-Brunswick, que ça va continuer ».
Le Bloc québécois accuse néanmoins le gouvernement conservateur d'utiliser le prétexte de la crise économique pour refuser d'octroyer l'aide demandée par la société d'État.
« L'entêtement idéologique de ce gouvernement fait en sorte que la SRC est contrainte de vendre des actifs et de mettre à pied entre 600 et 1200 employés pour rencontrer ses obligations financières. Pourtant, une plus grande flexibilité financière, telle une simple avance de fonds de la part du gouvernement fédéral sur l'enveloppe budgétaire de 2009 serait suffisante! » a lancé la porte-parole du Bloc Québécois en matière de patrimoine et députée de Saint-Bruno-Saint-Hubert, Carole Lavallée.
Chute des revenus publicitaires
Une bonne partie du financement de Radio-Canada dépend de ses revenus publicitaires, qui sont en chute libre depuis quelques mois. Le PDG de la société, Hubert T. Lacroix, évalue à plus de 60 millions le manque à gagner en revenus publicitaires, sans compter l'augmentation des coûts de production.
Il a demandé de pouvoir augmenter la capacité d'emprunt de la société, mais le ministre refuse catégoriquement, craignant que les revenus publicitaires ne reviennent jamais au niveau qu'ils ont déjà été. Selon lui, la société vivrait alors une « véritable » crise.
Le PDG de Radio-Canada fera une mise au point sur la situation financière de la Société, mercredi, et il expliquera aux employés sa stratégie et les changements en vue.
Dans un communiqué envoyé aux employés mardi, il a précisé qu'« il s'agira d'un exposé général et stratégique plutôt qu'opérationnel. Il est prévu que vos vice-présidents et les membres de leur équipe de direction commenceront à faire les annonces spécifiques aux opérations dans les 24 heures de ce compte rendu et vous informeront alors sur la façon dont les changements toucheront votre composante en particulier ».