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National FTQ-Construction

Des liens avec un ancien criminel

Mise à jour le vendredi 6 mars 2009 à 8 h 09

Exclusif
Jocelyn Dupuis

Jocelyn Dupuis

De nouvelles révélations s'ajoutent à l'enquête de Radio-Canada sur les notes de frais de l'ex-président du syndicat de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis. Mercredi, l'équipe de l'émission Enquête révélait que ce dernier s'est fait rembourser 125 000 $ de dépenses en six mois lorsqu'il était en fonction.

Sur quatre de ces factures apparaissait le nom de Raynald Desjardins, un personnage autrefois bien en vue dans le monde criminel.

Contacté par Radio-Canada à ce sujet, Raynald Desjardins a déclaré que: « Si Dupuis a eu des factures de 2500 $ c'est lui qui a payé, pas moi. S'il l'a fait, il était représentant du Fonds de solidarité. J'ai toujours eu une relation avec lui qui est très bonne. C'est mon ami à moi. Ça a toujours été affaires, compagnies de construction, dans le temps qu'il était à la FTQ ».

Des liens professionnels

Outre ces dépenses, Radio-Canada a appris que MM. Desjardins et Dupuis entretiennent des liens professionnels. Jocelyn Dupuis oeuvre actuellement au sein de l'entreprise montréalaise SICN, spécialisée en décontamination. Selon sa carte de visite, il occupe le poste de président-directeur général.

Quant à Raynald Desjardins, il confirme travailler comme représentant pour SICN avec M. Dupuis, en plus d'être copropriétaire du groupe Samara à Anjou. « Je suis en train de monter un projet à l'international pour des plans de décontamination, ça s'arrête là », a-t-il commenté. Et d'ajouter: « Avec lui et d'autres gens, avec des ingénieurs, des gens du gouvernement en conjoncture avec d'autres personnes ».

Aujourd'hui âgé de près de 60 ans, Raynald Desjardins a été présenté dans le passé comme un des hommes forts du clan des Rizzuto et il a aussi été proche de Maurice « Mom » Boucher dans les années 90. Arrêté en 1993 à la suite d'un complot d'importation de 700 kilos de cocaïne, il a été condamné à 15 ans de prison. Il a été libéré au bout de 11 ans, après avoir vu sa demande de libération conditionnelle refusée à cinq reprises.

Commentant son passé criminel, Raynald Desjardins reconnaît avoir fait des erreurs. Il affirme être revenu dans le droit chemin depuis sa libération de prison en 2005.

Des révélations qui choquent

Par ailleurs, l'enquête de Radio-Canada suscite le mécontentement dans le domaine de la construction. « Ça nous coûte cher, vraiment cher, le syndicat. Quand tu apprends ça, après, c'est moins plaisant. Je pense qu'on va changer de syndicat », a commenté un travailleur rencontré sur un chantier.

Du côté de la FTQ, on rappelle que les syndicats affiliés sont tous autonomes et indépendants. L'organisme pourrait toutefois tenir un point de presse vendredi.

L'autre grande centrale syndicale, la CSN, reste prudente dans ses commentaires. Son président, Louis Roy, évoque des montants « exorbitants », qui peuvent « peut-être s'expliquer ». « Je ne crois pas qu'il y ait des gens ayant des notes de frais aussi élevées que ça pour des périodes aussi courtes chez nous », a-t-il ajouté.

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