Trois soldats canadiens tués

Denis Raymond Brown, Dany Fortin, Kenneth O'Quinn Denis Raymond Brown, Dany Fortin, Kenneth O'Quinn

Trois militaires canadiens ont été tués mardi en soirée dans l'explosion d'un engin explosif au passage de leur véhicule dans le district d'Arghandab, au nord-ouest de Kandahar.

Trois militaires canadiens sont tués et deux sont blessés dans l'explosion d'un engin artisanal dans le district d'Arghandab, au nord-ouest de Kandahar. Par ailleurs, une question du chef bloquiste relativement à la torture des prisonniers afghans fait sortir le premier ministre Harper de ses gonds.

La mort de l'adjudant Dennis Raymond Brown et des caporaux Dany Olivier Fortin et Kenneth Chad O'Quinn a été confirmée par le brigadier général Jon Vance, qui commande les troupes canadiennes en Afghanistan.

Le caporal Fortin, surnommé Dany-O, 29 ans, était basé à la base aérienne de Bagotville, au Québec. Il laisse dans le deuil sa fiancée, sa soeur et sa mère. Dennis Raymond Brown, un réserviste de Niagara Falls, en Ontario, était marié et avait quatre enfants. Le caporal O'Quinn, quant à lui, était basé à Petawawa, en Ontario.

Deux autres soldats ont été blessés, mais leur vie ne serait pas en danger. Ils ont été transportés à l'hôpital militaire de Kandahar. Conformément à la politique de l'armée, leurs noms ne seront pas dévoilés.

Les trois soldats tués étaient en route vers la base de Kandahar après avoir désamorcé un engin explosif.

Au moment de l'explosion, les militaires patrouillaient dans une zone que l'on dit habituellement calme. Depuis quelques semaines, rapporte la Presse canadienne, les soldats patrouillent davantage le long des routes afin de neutraliser les activités des poseurs de bombes.

Dans un communiqué, le premier ministre Stephen Harper a offert ses condoléances à la famille et aux amis des défunts, et a souhaité un prompt rétablissement aux deux blessés. Il a ajouté que « ces militaires ont servi vaillamment aux côtés de leurs camarades pour bâtir une société stable en Afghanistan », puis a souligné leur « courage », leur « détermination » et leur « grand dévouement ».

Depuis le début de la mission en Afghanistan en 2002, le nombre de soldats canadiens tués en Afghanistan atteint 111. Les engins explosifs placés en bordure de route sont la cause de la moitié de ces décès.

Une progression constante

Le comité ministériel sur l'Afghanistan a rendu public, mercredi, son rapport trimestriel sur les progrès de la mission canadienne. Il s'agit du rapport le plus complet et le plus à jour sur la situation humanitaire, sur la sécurité et sur les projets de développement.

« Il n'y a aucun doute que le climat de sécurité en Afghanistan demeure très dangereux. Cependant [...] le Canada affiche une progression constante en Afghanistan. » — Stockwell Day, président du Comité du Cabinet sur l'Afghanistan

Le rapport confirme une détérioration de la sécurité durant les trois derniers mois de 2008 sur le territoire afghan, une hypothèse qui avait été soulevée récemment par certains observateurs.

On y apprend également que l'autonomie de l'armée nationale afghane se serait accrue et que l'organisation de l'élection présidentielle de 2009 serait sur la bonne voie. Des progrès auraient aussi été réalisés dans les domaines de l'éducation et de la santé.

Stephen Harper Stephen Harper   © PC/Adrian Wyld

Un débat qui n'est pas terminé

Le dépôt du rapport survient au moment où le débat sur la mission en Afghanistan reprend de plus belle au pays.

Citant un rapport du département d'État américain selon lequel les autorités afghanes pratiquaient toujours la torture, le chef bloquiste Gilles Duceppe a demandé au premier ministre Stephen Harper si son gouvernement s'assurait de la sécurité des prisonniers transférés à l'armée afghane.

M. Harper a sévèrement rabroué M. Duceppe, considérant la question inappropriée.

« Nos soldats [...] ont examiné et changé leurs procédures pour assurer le respect [des engagements internationaux]. Nos soldats canadiens ne devraient pas subir ce genre de choses [supposer qu'ils sont complices de la torture en territoire afghan] de la part d'un parti séparatiste. » — Stephen Harper

Le ministre d'État des Affaires étrangères, Peter Kent, a indiqué pour sa part qu'aucune plainte sur le traitement des prisonniers n'avait été acheminée au ministère des Affaires étrangères depuis 2007.

La pratique de la torture va à l'encontre de la Convention de Genève, une convention signée par le Canada.

L'Afghanistan et la tortureSelon un rapport américain dont le quotidien Le Devoir a obtenu copie, l'arrachement des ongles, les brûlures avec de l'huile bouillante, l'humiliation sexuelle et la sodomie des prisonniers sont des pratiques courantes dans les centres de détention en Afghanistan.