![]() National Gangs de rue Ottawa hausse le tonMise à jour le jeudi 26 février 2009 à 18 h 31
L'intensification de la violence reliée aux gangs de rue dans les grandes villes canadiennes relance dans l'acutalité l'approche plus musclée que prône le gouvernement Harper en matière de criminalité. Notre société toute entière est menacée par les activités de criminalité organisée. — Rob Nicholson, ministre de la Justice Soucieux de montrer qu'Ottawa s'implique dans la lutte contre ce phénomène et, du même coup, de faire valoir son approche plus répressive contre ce type de criminels, le ministre de la Justice et procureur général du Canada, Rob Nicholson, a annoncé jeudi matin, à Ottawa, le dépôt d'un projet de loi contenant un train de nouvelles mesures pour combattre le crime lié aux gangs de rue. S'il est adopté par le Parlement, le projet de loi:
Jeudi après-midi, le premier ministre Stephen Harper est venu expliquer le contenu de son projet de loi à Vancouver, une ville dont la quiétude des citoyens a été ébranlée récemment par des fusillades entre membres de gangs rivaux. Pas moins de 8 personnes ont perdu la vie cette année dans cette ville, dans 18 incidents, impliquant des gangs de rue. Montréal et à Toronto ont aussi eu leur lot de meurtres reliés aux gangs de rue. C'est essentiel d'avoir des punitions appropriées. — Stephen Harper Critiqué par ceux qui prônent une approche davantage préventive que coercitive, le premier ministre a dit que les deux approches se complétaient. « Nous pouvons faire les deux. C'est pour cette raison que dans notre plateforme, nous avons des fonds pour les jeunes à risque. Mais on ne peut pas remplacer la nécessité de vraiment punir ceux qui ont commis des crimes violents et dangereux », a dit le premier ministre. Les partis d'opposition appuient le projet Ce n'est pas cette fois-ci que gouvernement minoritaire conservateur sera défait. Autant les libéraux que les néo-démocrates ou les bloquistes ont dit qu'ils ne s'opposeraient pas au projet de loi. « Nous croyons que ce sont des mesures modestes, mais quand même nécessaires. Pour cette raison-là, ils vont avoir avec nous des partenaires intéressés, pour même expédier la loi si le gouvernement nous le demande », explique le député libéral Dominic Leblanc, de Beauséjour, au Nouveau-Brunswick. Même le Bloc québécois, qui pourrait bien proposer des amendements, est enclin à appuyer les conservateurs. « On a un préjugé favorable. On est inquiet avec les peines minimales. On comprend bien que c'est un projet de loi qui répond en partie à ce qui se passe en Colombie-Britannique en ce moment, mais on a un préjugé favorable », dit le député bloquiste Réal Ménard. Les provinces, elles, sont toutes derrière le projet de loi, s'il faut en croire le procureur général de l'Ontario, Chris Bentley, qui se référait à la dernière conférence nationale des ministres de la Justice. Lui-même croit que le projet de loi ne va pas assez loin. « Nous avons besoin de faire quelque chose dans le dossier d'interdiction des armes de poing », a dit M. Bentley. Il souligne par ailleurs qu'il existe y a 60 000 armes à feu de plus en circulation au Canada qu'au moment de la prise de pouvoir de M. Harper. Une approche contestée Le projet de loi conservateur ne fait toutefois pas l'unanimité à l'extérieur du milieu politique. Plusieurs criminologues contestent le pari des conservateurs qui croient enrayer le problème des gangs en durcissant les sanctions criminelles. Pour le criminologue Irvin Waller, ce projet de loi, s'il peut rassurer des citoyens qui craignent des flambées de violence dans leur quartier, ne fera en fait que truffer le Code criminel canadien de lois dont l'efficacité n'a jamais été prouvée dans les pays où on y a recours. La clé de ce problème, selon Neil Boyd, un autre criminologue, réside plutôt dans les efforts de prévention du crime plutôt que dans le pouvoir dissuasif de lois et de sanctions plus musclées. Selon l'expert, les nouvelles sanctions que prônent les conservateurs ne sont que de la « poudre aux yeux politique ». Le phénomène de la violence liée aux gangs de rue a pris beaucoup d'ampleur au Canada ces dernières années, en dépit d'une baisse du nombre général d'homicides au pays. Selon Statistique Canada, un meurtre sur cinq au pays était relié aux gangs de rue en 2007. Le Canada a enregistré 594 homicides au cours de cette période. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
En profondeur
De la délinquance au crime organisé
audio-vidéo
L'émission Zone libre a pénétré le monde secret des gangs de rue et révèle l'ampleur de ce phénomène social.
Daniel Thibeault explique comment la situation en Colombie-Britannique a joué un rôle dans la décision des conservateurs.
Réactions à Québec et de l'opposition à Ottawa
Réactions en Ontario et au Manitoba
Réactions en Alberta
Le criminaliste Robert La Haye commente les projets d'amendements au Code criminel mis de l'avant par Ottawa.
Yvan Cloutier explique le projet de durcissement du Code criminel contre les gangs du gouvernement Stephen Harper.
L'entrevue avec le criminaliste Jean-Paul Brodeur
Console Audio-vidéo
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