L'ancienne présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Linda Keen, a accordé sa première entrevue depuis son congédiement par le gouvernement Harper, en janvier 2008.
L'ex-présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire s'interroge sur l'indépendance politique de l'organisme et sur les risques potentiels pour la santé des Canadiens.
Limogée à la suite de la crise des isotopes médicaux, Linda Keen, qui conteste son congédiement, se dit maintenant inquiète, non seulement pour l'indépendance politique de l'organisme, mais aussi pour la santé des Canadiens.
L'indépendance de la Commission canadienne de sûreté nucléaire est remise en cause, selon elle.
Linda Keen indique que, durant la crise, le ministre Gary Lunn, alors ministre des Ressources naturelles, l'a appelée à deux reprises. Lors du premier appel, le ministre Lunn cherchait des solutions, convient Mme Keen. Or, la deuxième fois, dit-elle, le ministre lui a ordonné de faire redémarrer le réacteur.
Cet ordre a été un choc, dit Mme Keen, qui estime que le ministre « a brisé la ligne entre la politique et l'indépendance ».
Un double mandat
Le gouvernement Harper a depuis modifié le mandat de la Commission de sûreté nucléaire. Elle doit maintenant tenir compte des besoins des Canadiens en isotopes, tout en continuant de protéger la sécurité de la population.
Selon Mme Keen, ce double mandat est une source potentielle de conflit d'intérêts pour la Commission. Comment déterminer, par exemple, qu'une fuite est suffisamment grave pour suspendre la production d'isotopes, s'interroge-t-elle.
Le réacteur nucléaire de Chalk River est vieux et, pour Linda Keen, la vigilance est d'autant plus importante. Selon elle, les Canadiens ne devraient pas avoir à se demander si la Commission de sûreté nucléaire les protège vraiment.