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PC/Charles Dharapak
Au cours de son entretien avec Barack Obama, le chef libéral discute de la situation d'Omar Khadr, ce Canadien toujours détenu à Guantanamo, mais aussi de l'Afghanistan et du libre-échange nord-américain.
Le chef de l'opposition officielle Michael Ignatieff a qualifié de « substantielle » la discussion de 25 minutes qu'il a eue avec le président américain Barack Obama à l'aéroport d'Ottawa, jeudi en fin d'après-midi, avant qu'il remonte dans l'avion Air Force One pour rentrer sur Washington.
Le chef libéral a profité de l'occasion pour discuter de la situation d'Omar Khadr, ce jeune Canadien détenu à Guantanamo depuis sa capture en Afghanistan en 2002, alors qu'il avait 15 ans. En dépit des demandes répétées de l'opposition, le premier ministre Stephen Harper a refusé d'évoquer son cas lors de sa rencontre avec Barack Obama, un peu plus tôt dans la journée.
En conférence de presse, Michael Ignatieff a indiqué qu'il n'avait « pas eu l'impression que la résolution de son cas était imminente ». D'après le chef libéral, le cas d'Omar Khadr sera révisé au même titre que celui de tous autres prisonniers de Guantanamo, conformément au décret présidentiel prononcé par M. Obama deux jours après son assermentation.
Le chef libéral a dit au président Obama qu'un éventuel gouvernement libéral serait prêt à rapatrier le jeune homme de 22 ans, dont la famille vit toujours à Toronto.
La « dérive » afghane
Michael Ignatieff a également déclaré que Barack Obama partageait l'opinion selon laquelle la mission de l'OTAN en Afghanistan est un peu « à la dérive ». « Les citoyens ne comprennent plus ce que l'on fait là-bas », a martelé le chef libéral lors du point de presse qu'il a tenu à l'issue de sa rencontre avec M. Obama.
M. Ignatieff s'est dit rassuré de voir que le président américain prenait les problèmes de la mission afghane très au sérieux. Selon lui, on ne peut pas envoyer des soldats en Afghanistan sans se doter d'une stratégie solide.
Consensus sur le libre-échange
Le chef libéral a également tenu à parler avec le président Obama de l'importance de maintenir le libre-échange entre le Canada et les États-Unis. Selon M. Ignatieff, Barack Obama se serait montré très sensible aux inquiétudes des Canadiens relativement aux mesures protectionnistes envisagées par Washington.
Au sujet de l'ouverture d'un dialogue sur l'énergie propre, confirmée par MM. Obama et Harper, le chef de l'opposition a estimé qu'il s'agissait d'un pas dans la bonne direction, mais que l'accord n'était pas très substantiel.
Comme des milliers de Canadiens, le politicien qui a déjà enseigné à Harvard est visiblement tombé sous le charme de Barack Obama, dont il a notamment vanté les qualités d'écoute. M. Ignatieff dit avoir été très flatté d'apprendre que le nouveau président avait déjà lu certains de ses ouvrages.
La tradition veut qu'un président américain en visite au Canada rencontre non seulement le premier ministre, mais aussi le chef de l'opposition officielle.