Au terme de leur première rencontre de travail, le président Barack Obama et le premier ministre Stephen Harper annoncent l'ouverture d'un dialogue canado-américain en matière d'énergies propres.
La visite à Ottawa du président américain Barack Obama a bel et bien débouché sur une entente embryonnaire en matière de lutte contre les gaz à effet de serre et les changements climatiques.
Au cours de la conférence de presse clôturant leur première rencontre de travail, jeudi, les deux dirigeants ont annoncé l'ouverture d'un dialogue canado-américain sur les énergies propres.
« Le président Obama et moi-même, nous nous sommes entendus sur une nouvelle initiative qui va accroître notre coopération transfrontalière en matière de protection de l'environnement et de sécurité énergétique », a déclaré M. Harper
En entrevue au réseau anglais de Radio-Canada, mardi, le président Obama a fait part de son désir de voir les deux pays adopter une approche conjointe en matière de lutte contre les changements climatiques. Selon lui, la croissance économique ne doit pas se faire au détriment de l'environnement.
Appels à l'action
Ces informations surviennent alors que le gouvernement conservateur de Stephen Harper est pressé de toutes parts de changer sa philosophie dans sa lutte contre les gaz à effet de serre.
Au Québec, le premier ministre Jean Charest souhaite que le gouvernement Harper adopte une approche semblable à celle de l'administration Obama. Celle-ci souhaite notamment que les États-Unis adoptent un système de plafond et d'échanges des émissions polluantes, contrairement au gouvernement Harper, qui mise sur un système basé sur l'intensité des émissions.
Les groupes environnementalistes canadiens estiment que le premier ministre Harper devra changer de cap. Dale Marshall, de la Fondation David Suzuki, croit qu'Ottawa risque de se retrouver isolé s'il tourne le dos à Washington en matière d'environnement.
Les sables bitumineux
Des militants de Greenpeace ont accroché des banderoles sur un pont d'Ottawa.
Même son de cloche du côté de Greenpeace, qui a réalisé un coup d'éclat mercredi. Des membres de l'organisation ont accroché des banderoles sur un pont d'Ottawa, invitant le président américain à ne pas acheter de pétrole provenant des sables bitumineux canadiens.
Dans son entrevue à CBC mardi, Barack Obama s'est déclaré conscient de l'empreinte écologique provoquée par l'extraction du pétrole de ces sables, qui libère trois fois plus de gaz à effet de serre que la production du pétrole conventionnel.
Ottawa serait peut-être prêt à assouplir sa position. En effet, le ministre fédéral de l'Environnement répète depuis quelques semaines qu'il souhaite adopter une approche commune avec les États-Unis sur les changements climatiques.
De son côté, le gouvernement de l'Alberta ne semble pas, non plus, rester sourd aux questions environnementales. Il a récemment annoncé de nouvelles mesures pour diminuer la quantité d'eau nécessaire pour extraire le bitume, déposé un plan pour développer une industrie plus verte et porté des accusations contre la pétrolière Syncrude, pour avoir enfreint des lois environnementales.