L'économie, un enjeu central

La sécurité a été renforcée, aux abords du parlement, en prévision de la visite de Barack Obama. La sécurité a été renforcée, aux abords du parlement, en prévision de la visite de Barack Obama.   © PC/Adrian Wyld

Les questions économiques devraient occuper une grande part des discussions, jeudi, lors de la première visite au Canada du président américain Barack Obama.

Le président des États-Unis, Barack Obama, effectuera jeudi au Canada sa première visite à l'étranger de son mandat. Outre l'enthousiasme que suscite sa présence à Ottawa, cette visite de quelques heures sera l'occasion de soulever des enjeux cruciaux pour les deux pays, notamment au chapitre de l'économie.

Pour cette visite, Barack Obama sera d'ailleurs entouré d'importants conseillers politiques et économiques.

Le président américain s'est, jusqu'ici, montré rassurant sur les impacts de la clause protectionniste de son plan de relance. Toutefois, l'inquiétude est suffisante au Canada pour que le premier ministre Stephen Harper s'adresse aux Américains sur les ondes de CNN.

En guise de mise en garde à la classe politique américaine, il a déclaré que le protectionnisme constituait un risque monumental pour l'économie mondiale. De telles mesures pourraient, selon lui, transformer l'actuelle récession en « dépression ».

M. Harper a tout de même déclaré qu'il croyait que les deux pays seraient en mesure de respecter leurs obligations commerciales. Il a ajouté qu'il ne souhaitait pas en arriver à réclamer l'arbitrage des tribunaux du commerce.

Rappelons que le Canada et les États-Unis sont les deux plus grands partenaires commerciaux du monde.

L'ALENA mis de côté, pour l'instant

Le président américain se gardera en outre d'aborder la question des accords de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ALENA), qu'il avait promis de rouvrir lors de la course à l'investiture démocrate, créant une onde de choc au pays. Questionné mardi par des journalistes américains, le président Obama a déclaré que « l'état actuel de l'économie mondiale est à ce point fragile que ce n'est pas le moment de faire quoi que ce soit qui serait susceptible d'affaiblir les échanges ».

Barack Obama a cependant rappelé, lors d'une entrevue accordée à la CBC, qu'il avait malgré tout l'intention de modifier certains aspects de l'ALENA, notamment sur les questions environnementales et de main-d'oeuvre.

Au cours de cet entretien, Barack Obama a également émis le souhait de pouvoir s'entendre avec le Canada sur une politique environnementale continentale, qui pourrait être intégrée dans l'ALENA.

Ignatieff et l'Afghanistan

En plus de rencontrer le premier ministre Harper, le président Obama s'entretiendra avec le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff. Le chef libéral espère que sa rencontre sera plus longue que les 15 minutes prévues. Il s'attend plutôt à un entretien d'une durée de 20 minutes, comme ce que Stephen Harper avait obtenu avec George W. Bush quand il était chef de l'opposition.

Au cours de cette rencontre, M. Ignatieff entend parler notamment de l'Afghanistan. Son message sera que la mission militaire canadienne prendra fin en 2011, comme prévu. M. Ignatieff indiquera au président américain que le Canada continuera d'être présent sur le sol afghan, mais seulement pour une mission humanitaire et de développement.

En ce qui concerne l'Afghanistan, soulignons que les propos qu'auront MM. Harper et Obama à ce sujet seront écoutés avec une oreille attentive par les représentants des pays qui participent à la mission internationale. Les ambassades de France, du Japon et de la Grande-Bretagne seront à l'affût de tout signe qui pourrait indiquer que le Canada compte prolonger sa mission au-delà de 2011.

La fébrilité se fait sentir à OttawaLa capitale fédérale est en effervescence à quelques heures de l'arrivée de Barack Obama.

Tandis que les mesures de sécurité sont de plus en plus visibles sur la colline du Parlement, les commerces affichent différents produits à l'effigie du président américain, dont des tuques et des chandails. Les ventes de drapeaux américains se multiplient aussi ces jours-ci dans les boutiques de souvenirs. Des restaurants de la capitale ont même modifié leur menu en prévision de l'événement, pour offrir notamment des hamburgers et des steaks Barack Obama.

De milliers de visiteurs provenant de partout au pays sont attendus jeudi sur la colline du Parlement pour tenter d'apercevoir le président à son arrivée. Des groupes organisés arriveront notamment par autobus de Montréal, Kitchener, Toronto, Hamilton et Kitchener. Des groupes provenant des provinces maritimes sont aussi attendus.

« C'est un moment historique. C'est son premier voyage à l'étranger et il a choisi de venir au Canada en premier. C'est important de montrer, et à son administration et au président et aux Américains [...] que M. Obama est bienvenu au Canada, qu'il est chaleureusement reçu », soutient Rachel Décoste, une résidente d'Ottawa, organisatrice de la Brigade d'accueil pour le président Obama.