Ottawa et Washington sur la même longueur d'onde

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et La Presse Canadienne
Les chefs d'état-major américain Michael Mullen et canadien Walter Natynczyk, lors d'une rencontre à Ottawa L'amiral Michael Mullen (G) et le général Walter Natynczyk   © PC/Sean Kilpatrick

Les chefs d'état-major canadien et américain critiquent plus ouvertement le gouvernement afghan d'Hamid Karzaï, miné par la corruption, et admettent que l'année qui commence sera difficile.

À un peu plus d'une semaine de la visite du président américain Barack Obama à Ottawa, les chefs d'état-major canadien et américain ont eu une rencontre dans la capitale canadienne.

L'Afghanistan s'est imposé comme le principal sujet discuté par le ministre canadien de la Défense nationale, Peter MacKay, le chef d'état-major canadien, le général Walter Natynczyk, et le chef d'état-major interarmées des États-Unis, l'amiral Michael Mullen.

Le discours sur l'Afghanistan des deux pays semble évoluer dans la même direction, celle d'une remise en question de plus en plus affichée de la gouvernance afghane. Le président américain Barack Obama a critiqué lundi l'indifférence du gouvernement afghan et de son président Hamid Karzaï face à la situation dans certains secteurs du pays.

« Tout le monde, les Américains, les pays de l'OTAN et le président Karzaï reconnaissent l'existence de préoccupations sur la corruption dans le gouvernement afghan », a déclaré le ministre Peter MacKay, mardi.

« Le manque de gouvernance lié à la corruption qui existe sera notre principal défi », a ajouté l'amiral Mullen. « Ce qui manque vraiment, c'est un service public qui fasse fonctionner la machine gouvernementale », a renchéri le général Natynczyk.

Des soldats américains en patrouille près d'un champ de pavot (archives) La guerre à l'opium est un autre défi difficile à relever en Afghanistan.   © AFP/Nicolas Asfouri

Le chef d'état-major canadien a reconnu que 2009 serait une année difficile, surtout avec des élections, le 20 août prochain, qui risquent de provoquer des débordements violents.

Le chef d'état-major américain s'est bien gardé d'évoquer le sujet sensible d'une possible prolongation de la mission canadienne en Afghanistan au-delà de février 2011. Mais l'amiral Mullen a tout de même admis qu'une contribution canadienne aux efforts américains serait la bienvenue, tout en saluant le rôle joué par les militaires canadiens dans le sud de l'Afghanistan.

Un scénario à l'étude serait de doubler les effectifs canadiens déployés sur le terrain en étirant la période de chevauchement des troupes lors du changement de garde prévu en septembre prochain. Le général Natynczyk n'a ni confirmé ni nié l'existence d'un tel plan temporaire.

Le Canada a déployé un contingent de 2700 soldats en Afghanistan. Une centaine de militaires ont perdu la vie depuis le début de la mission des Forces canadiennes dans ce pays, en 2002.

Les États-Unis pourraient déployer 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan au cours des prochaines années. Et des observateurs croient que le président Obama pourrait aborder la question d'un prolongement de la mission canadienne lors de sa visite à Ottawa, le 19 février prochain.