Une course à deux

Stéphane Dion Stéphane Dion   © AFP/John Major

Les événements s'accélèrent dans la course à la direction du Parti libéral du Canada.

La course à la succession du chef démissionnaire du Parti libéral s'accélère. Stéphane Dion précipite son départ, tandis que Dominic LeBlanc retire sa candidature. Restent donc Michael Ignatieff et Bob Rae.

La question qui domine cette course maintenant est la date d'entrée en fonction du prochain chef. Les libéraux auront-ils un nouveau chef avant la fin du mois de décembre, ou plutôt à la mi-janvier?

L'annonce précipitée du départ du chef Stéphane Dion, aussitôt que son successeur sera dûment choisi, a provoqué une accélération des événements dans la famille libérale.

Si, une semaine après le scrutin du 14 octobre, M. Dion indiquait qu'il restait à son poste jusqu'au congrès du PLC en mai, il estime maintenant, comme plusieurs membres du caucus, qu'un nouveau chef doit être en place avant la reprise des travaux parlementaires, le 26 janvier prochain.

Il cède ainsi aux pressions qui étaient de plus en plus fortes autour de lui. La diffusion ratée de sa réplique au discours à la nation de Stephen Harper aura porté le coup fatal.

« Il existe un sentiment au sein du parti, et très certainement au sein du caucus, que, compte tenu des nouvelles circonstances, le nouveau chef doit être en place avant la reprise des travaux de la Chambre. Je suis d'accord. » — Stéphane Dion

M. Dion, qui a fait l'annonce de son départ précipité par voie de communiqué, lundi, précise qu'il veut faire ce qu'il y a de mieux dans l'intérêt du pays et du parti, « surtout au moment où les emplois et les pensions des Canadiens sont menacés ».

Cette décison survient près de deux ans, jour pour jour, après son élection à la tête du PLC. Même s'il quitte la direction du parti, Stéphane Dion n'a pas l'intention de quitter la Chambre des communes.

Dominic LeBlanc se retire

Le député Dominic LeBlanc Le député Dominic LeBlanc

Moins de deux heures plus tard, l'un des trois candidats à la succession de Stéphane Dion, le député Dominic LeBlanc, confirmait qu'il se retire de la course et qu'il se rallie au candidat Michael Ignatieff, député d'Etobicoke-Lakeshore.

Réalisant qu'il n'était pas l'homme qui faisait consensus, il a déclaré qu'il ne voulait pas être un obstacle à l'avancement des choses. « L'homme de consensus, dit-il, c'est Ignatieff ». Selon lui, « c'est la personne désignée pour mener notre parti et notre pays », un chef « capable de prendre les décisions difficiles ».

M. LeBlanc souhaite que la course à la direction soit raccourcie. Question d'efficacité, il croit qu'il faut choisir un nouveau chef le plus rapidement possible, et non pas 10 jours seulement avant la reprise des travaux en Chambre. Il aimerait même, idéalement, que le nouveau chef soit choisi avant Noël.

Selon lui, le caucus libéral, qui réunit députés et sénateurs, doit se rallier autour d'un chef, le proposer au comité exécutif du parti qui se réunit mercredi, pour ensuite consulter les membres. « Il me semble évident qu'une convention de délégués ne peut avoir lieu d'ici les trois prochaines semaines ».

Il croit que le nouveau chef doit être en poste le plus rapidement possible pour avoir le temps de se préparer à la reprise des travaux en Chambre, le 27 janvier.

M. LeBlanc croit qu'un chef doit être choisi d'ici le début de janvier, plutôt qu'à la mi-janvier.

Rae toujours dans la course

Bob Rae Bob Rae

Puis, quelques minutes plus tard, à Toronto, le troisième aspirant, Bob Rae, estimait que Stéphane Dion avait bien saisi que le moment était venu pour le parti d'avoir un nouveau chef.

Selon lui, la question est maintenant de savoir comment ce nouveau chef sera désigné.

Contrairement à M. Leblanc, M. Rae croit que le parti a besoin de davantage de temps pour consulter les membres. « Je crois en la démocratie pour un parti démocratique. C'est une approche de principe et de respect des militants », a-t-il dit.

Il croit donc qu'une consultation plus vaste des membres pourrait mener au choix d'un nouveau chef vers la mi-janvier, une opération qu'il croit facilement réalisable.

Mais, en dernière instance, « c'est à l'exécutif national de décider ce qui est raisonnable ». Et, peu importe ce que décidera l'exécutif, M. Rae a dit qu'il accepterait sa décision.

Notons que les règlements du Parti libéral prévoient que le choix d'un chef doit se faire en congrès.

Les partisans de Michael Ignatieff, eux, disent que le choix doit se faire rapidement par un vote des 77 députés libéraux du caucus, ce qui favoriserait M. Ignatieff qui y recueille une majorité d'appuis.

Une autre figure importante du parti, le député de Bourassa, Denis Coderre, a annoncé dimanche soir sur sa page Facebook qu'il appuyait M. Ignatieff. De même, le député ontarien Bryon Wilfert, un allié de Stéphane Dion, donnera son appui à Michael Ignatieff.