©
PC/Tom Hanson
Les premiers ministres fédéral et provinciaux estiment avoir tenu des discussions fructueuses lundi après-midi, à Ottawa, au sujet de l'économie. Leur rencontre de trois heures leur aura permis de s'engager à travailler en étroite collaboration afin d'éviter le pire au pays.
Les premiers ministres des provinces appuient les positions que le Canada défendra à la rencontre du G20, tandis que le premier ministre Harper se montre réceptif à certaines de leurs demandes.
Si l'on en croit le président du Conseil de la Fédération, Jean Charest, et le premier ministre du Canada, Stephen Harper, la rencontre entre les premiers ministres des provinces et du Canada permettra au pays de parler d'une même voix lors de la réunion du G20 à Washington, samedi prochain.
Cette rencontre en aura été une de consultation, comme l'a dit le premier ministre Harper, et tous les premiers ministres appuient les positions du gouvernement fédéral.
« Il y a unanimité sur la position canadienne. Donc il n'y a pas de problème. [...] La situation canadienne est une des meilleures au monde, mais il y a quand même des impacts sur l'économie locale. [...] Il y a une tempête économique qui s'annonce », a dit M. Charest.
Les provinces ont quand même fait plusieurs suggestions pour traverser la crise économique et le premier ministre Harper n'en a refusé aucune. Il n'en a toutefois accepté aucune non plus.
Mais de toute évidence, il y a des idées qui font consensus, même s'il n'y a pas d'engagement.
Ce qui fait aussi l'unanimité, c'est que plus personne ne nie la gravité de la crise économique mondiale, même si le Canada s'en tire relativement bien pour le moment.
« Il y a toujours plus de demandes qu'il n'y a d'argent. Tous les premiers ministres vivent des crises importantes. Tout le monde sait qu'il y a une instabilité économique mondiale. Tout le monde sait qu'on doit faire des choix. On va écouter et prendre les positions les plus responsables », a dit M. Harper.
Des propositions qui font l'unanimité
Ainsi, tous les premiers ministres se sont entendus pour harmoniser les fonds de retraite. On repousserait donc de 71 à 73 ans la date obligatoire de transformation du Régime d'épargne retraite (REER) en régime de Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) pour faire face au ralentissement économique.
M. Harper a aussi été très réceptif à l'idée d'aider les secteurs manufacturiers et de l'automobile. Il n'est pas question toutefois, a-t-il dit, d'encourager des secteurs mous qui auront continuellement besoin d'aide.
Quant aux investissements dans les infrastructures, le premier ministre du Canada est bien d'accord pour les accélérer, même si aucune décision concrète n'a été prise.
Enfin, M. Harper n'a pas fermé la porte à un TGV, un train à grande vitesse, entre Québec et Windsor, qui passerait par Montréal et Toronto. Il a dit qu'il voulait attendre les conclusions des études en cours à ce sujet.
Bref, on était loin des traditionnelles querelles entre Ottawa et les provinces. Mais le but de la rencontre n'était pas de signer des accords concrets, mais plutôt d'avoir un point de vue commun pour juguler la crise financière et trouver des solutions au ralentissement de l'économie mondiale.
En ce sens, la rencontre est donc une réussite, surtout que M. Harper est en début de mandat, que M. Charest est en campagne électorale et qu'une autre rencontre est prévue entre les premiers ministres pour parler d'économie.
Un consensus à Ottawa aussi
M. Harper a également rencontré la semaine dernière des économistes et le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion. Il entend aussi rencontrer prochainement les chefs du Bloc québécois et du NPD afin de dégager une position consensuelle.
« Nous sommes dans une période d'instabilité économique mondiale, il n'y a pas de solutions faciles. Il n'y a pas de solutions tout à fait nationales, mais en même temps, nous pouvons contribuer aux solutions d'une façon la plus efficace possible, si nous travaillons ensemble », avait expliqué samedi Stephen Harper.