![]() National Inspection des viandes Deux poids deux mesuresMise à jour le mardi 30 septembre 2008 à 10 h 41 Exclusif
La viande destinée au marché intérieur canadien n'est pas l'objet d'autant d'inspections que celle qui est exportée aux États-Unis. Selon des documents dont Radio-Canada a obtenu copie, l'Agence canadienne d'inspection des aliments aurait réduit en 2006 le nombre d'inspections dans les usines de transformation canadiennes qui n'exportent pas leurs produits aux États-Unis.
Toujours selon ces documents, en juillet 2006, l'ACIA aurait lancé un projet-pilote qui répartissait les usines canadiennes de transformation de viande en deux catégories: soit celles qui exportent aux États-Unis et celles qui ne le font pas. Or, en vertu de cette distinction, les usines qui exportent devaient recevoir une inspection par jour, tandis que les autres, seulement une par semaine. Cette distinction appliquée partout au Canada aurait été établie pour respecter les normes américaines. Elles exigent notamment des inspections quotidiennes des usines qui fournissent de la viande sur leur marché, selon Denis Sicard, inspecteur des viandes pour l'ACIA. Plus de 500 usines de transformation de viande sont sous l'autorité fédérale au Canada. Au moins 350 d'entre elles exportent leurs produits aux États-Unis. Les usines qui n'exportent pas aux États-Unis sont considérées comme secondaires, selon Denis Sicard qui précise que la tenue d'une inspection par semaine n'est pas toujours possible dans ces établissements. « Les établissements qui ne font que de la production canadienne auront des visites quand on pourra. On doit prioriser les établissements qui exportent comparativement aux établissements qui font juste du marché au niveau du Canada », déclare Denis Sicard qui est également représentant syndical des inspecteurs de l'ACIA.
Bien qu'au Canada la salubrité des aliments relève de la responsabilité des gouvernements et des entreprises, les inspections gouvernementales sont particulièrement importantes dans le cas des viandes, selon la professeure en sciences animales à l'Université Laval, Linda Saucier. « La viande et les produits de viande sont l'aliment le plus souvent incriminé dans les toxi-infections alimentaires. C'est le secteur où l'agence doit être le plus présente », explique l'experte. À l'Agence canadienne d'inspection des aliments, on a refusé de faire une déclaration officielle sur cette information, mais on affirme hors micro que tous les produits de la viande doivent respecter les mêmes critères de qualité, peu importe le nombre d'inspections en usine. Console Audio-vidéo
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