L'ancien patron de Groupaction, Jean Brault, est devenu informateur pour la police.
La télévision de Radio-Canada a appris que l'ancien patron de Groupaction, qui a fait des témoignages percutants devant la Commission Gomery, a conclu une entente avec la GRC, en échange de l'immunité.
Propriétaire d'une agence de publicité qui recevait d'importants contrats du gouvernement fédéral, il a été aussi un important témoin devant la commission Gomery. Il n'a jamais caché son implication dans le scandale des commandites et a collaboré avec les autorités.
Son témoignage aura d'ailleurs contribué à faire sérieusement avancer les travaux de la commission.
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PC/Tom Hanson
Il a parlé sans retenue de fausses facturations et d'honoraires gonflés. Ses révélations auront surtout permis de faire la lumière sur un système de financement occulte au Parti libéral du Canada.
Selon lui, c'est Jacques Corriveau qui demandait des contributions pour le parti. Les policiers de la GRC, qui enquêtaient justement sur M. Corriveau, se sont donc intéressés à ces allégations.
Au cours de l'automne 2006, ils sont allés rencontrer Jean Brault, en prison, alors qu'il purgeait une peine de 30 mois pour fraude. Il a reçu une quinzaine de visites des policiers.
Il devient informateur
La télévision de Radio-Canada a obtenu des documents révélant qu'il est devenu informateur de police dans les enquêtes que mène encore la GRC, particulièrement dans celle sur l'organisateur libéral Jacques Corriveau, propriétaire de la firme de design Pluri Design Canada Inc.
Jacques Corriveau lors de son témoignage devant la commission Gomery.
M. Brault a révélé à la police tout ce qu'il savait, en échange de quoi il a obtenu l'immunité, se mettant ainsi à l'abri d'autres accusations.
C'est ce que nous apprend le deuxième volet du mandat de perquisition exécuté chez Jacques Corriveau, et dont Radio-Canada a obtenu copie.
Jean Brault a affirmé avoir remis à M. Corriveau et au Parti libéral du Canada près de 2,3 millions de dollars, alors que devant la commission Gomery, il parlait de deux fois moins d'argent.
On peut aussi lire que lors de la visite des enquêteurs, « Jean Brault a été informé que toute information qu'il fournissait à la police ne sera pas utilisée contre lui dans le cadre de futures enquêtes concernant le Programme des commandites ».
La perquisition menée chez Jacques Corriveau en juillet 2007 a permis de saisir des centaines de documents. Des témoins ajoutent maintenant leur poids à la preuve déjà recueillie.
La GRC recommande le dépôt d'accusation de fraude et de complot. Il revient à la Couronne de décider si la preuve est suffisante.
Dans son rapport final sur le scandale des commandites, le juge John Gomery avait décrit Jacques Corriveau comme étant « l'acteur principal d'un dispositif bien huilé de pots-de-vin qui lui a permis de s'enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLC (Parti libéral du Canada) ».
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