Le président du comité, Paul Szabo, s'installe pour une nouvelle journée d'audiences.
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PC/Sean Kilpatrick
Les travaux du comité de l'éthique qui se penche sur les dépenses électorales du Parti conservateur du Canada se sont poursuivis mercredi à Ottawa.
Pendant qu'à nouveau des conservateurs refusent de se présenter devant le comité de l'éthique, des publicitaires responsables de la pub en 2006 disent qu'ils avaient des doutes sur leur stratagème dit du « in and out ».
Lors de leur témoignage, les dirigeants de GroupM Canada, qui chapeaute Retail Media, ont révélé avoir questionné leur client sur la légalité des dépenses.
Les deux dirigeants de l'agence responsable du placement des publicités conservatrices lors de la campagne de 2006, Andrew Kumpf et David Campbell, ont affirmé avoir été préoccupés par la façon de faire des organisateurs conservateurs.
Ils se sont toutefois fiés à l'expertise des organisateurs politiques qui leur ont affirmé que le processus respectait la Loi électorale du Canada. De plus, ils ont expliqué avoir posé des questions sur cet aspect lors de conférences téléphoniques avec leur avocat, Paul Lepsoe.
Douze absents
Par ailleurs, 12 dirigeants et organisateurs conservateurs ne se sont pas présentés devant le comité mercredi. Parmi les personnes que le comité voulait entendre, on retrouve notamment Doug Finley, le responsable de la campagne nationale et Michael Donison, ancien directeur du parti. Les organisateurs québécois du PC, Pierre Coulombe, Michel Rivard et Nelson Bouffard, étaient aussi attendus.
Ces absences soulèvent la colère de l'opposition à Ottawa, qui y voit une autre preuve que le parti conservateur ne veut pas collaborer avec le comité. D'ailleurs, le Bloc québécois a déposé mercredi une motion demandant au président de la Chambre des communes de « délivrer les mandats nécessaires » pour obliger les témoins à comparaître.
« On n'a pas l'intention qu'ils se défilent parce qu'ils ont des informations qu'on a bien envie d'entendre. C'est un mot d'ordre du Parti conservateur de ne pas envoyer les gens sur qui ils ont autorité », a déclaré la députée bloquiste Carole Lavallée.
Selon la Presse canadienne, Marc Duval, l'agent officiel du député Luc Harvey aurait déclaré au greffier du comité que le parti lui avait dit de refuser de témoigner. L'agent officiel de la ministre Josée Verner, André Laurin, aurait pour sa part affirmé au greffier que personne n'irait témoigner.
En tout, depuis le début des travaux du comité lundi, 23 dirigeants ou organisateurs conservateurs ont ignoré l'invitation à témoigner devant le comité.
Une ruse éventée
La ruse baptisée in and out aurait permis de transférer des fonds entre 67 candidats et le Parti. De ce nombre, 17 ont été élus et siègent actuellement aux Communes.
Avec ce stratagème, le Parti conservateur aurait ainsi dépassé le plafond des dépenses électorales autorisées lors de la dernière campagne électorale. En effet, les conservateurs ont attribué les dépenses nationales aux 67 circonscriptions ayant fait l'objet de transferts.
Ainsi, Retail Media a pu acheter pour 1,3 million de dollars de temps d'antenne à la radio et à la télévision pour diffuser les publicités conservatrices.
Élections Canada conteste la répartition des dépenses qui a été retenue par le Parti conservateur.