Les conservateurs refusent de témoigner

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne

Deuxième journée controversée au Comité de l'éthique de la Chambre des communes qui enquête sur les dépenses électorales effectuées par le Parti conservateur lors de la campagne qui l'a porté au pouvoir en janvier 2006.

À Ottawa, quatre agents officiels de députés conservateurs refusent de venir témoigner à une audience du comité de l'éthique, qui a dû ajourner ses travaux en matinée.

Mardi, quatre agents officiels de députés conservateurs du Québec, dont celui de la ministre Josée Verner, ne se sont pas présentés au comité malgré leur convocation.

Comité de l'éthique de la Chambre des communes Quatre témoins ont refusé de se présenter devant le comité de l'éthique.   © PC/Tom Hanson

Cette absence a forcé le président du comité, le libéral Paul Szabo, à ajourner temporairement les travaux mardi matin.

AssignationHabituellement, les témoins comparaissent devant un comité des Communes à la suite d'une simple invitation. S'ils refusent, le comité peut les assigner à comparaître. Et s'ils refusent de nouveau de se présenter, le comité fait rapport à la Chambre des communes qui peut alors envoyer une ordonnance de comparution formelle pour forcer le témoin à se présenter.

Un conservateur expulsé

Lundi, l'organisateur en chef du parti, Doug Finley, a en effet dû être expulsé de la salle d'audience après s'y être présenté alors qu'il n'y était pas attendu avant jeudi. Il a refusé de quitter la salle de son propre chef, et a été escorté par des gardiens de sécurité.

Doug Finley est poursuivi par des journalistes après son expulsion. Doug Finley est poursuivi par des journalistes après son expulsion.   © PC/Sean Kilpatrick

L'incident a semblé délibéré et orchestré afin de provoquer l'opposition. Il est survenu après une vingtaine de minutes d'échanges corsés entre les députés conservateurs et le président du comité.

M. Finley doit bel et bien témoigner devant le comité, mais sa comparution n'était pas prévue avant jeudi. Les députés de l'opposition veulent d'abord finir d'entendre une quarantaine d'anciens candidats et d'autres responsables du parti qui ont participé au fonctionnement de ce système.

Les audiences ne bénéficient pas de la collaboration du parti: le comité a dû envoyer pas moins de 31 citations à comparaître en prévision de ces audiences, dont une dizaine sont adressées à de hauts dirigeants conservateurs.

Le nom de M. Finley figure sur cette liste, tout comme ceux de Patrick Muttart, un des plus proches adjoints de Stephen Harper, et Irving Gerstein, un homme d'affaires torontois qui préside l'instance responsable des campagnes de financement du parti.

Selon Élections Canada, le système instauré par le PCC lui a permis de dépasser la limite des dépenses de campagne de 1,1 million de dollars en utilisant, au niveau national, une marge de manoeuvre de candidats régionaux.

L'agence fédérale soutient que ce système est illégal et refuse donc de rembourser les dépenses électorales de 67 candidats conservateurs.

Les travaux du comité ont repris mardi après-midi avec d'autres témoins.