La directrice du centre d'injection supervisé de Vancouver tient une trousse d'injection.
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PC/Jonathan Hayward
À Mexico, le ministre de la Santé du Canada, Tony Clement, a lancé un véritable pavé dans la mare, mardi, à l'occasion de la 17e Conférence internationale sur le sida.
Le ministre canadien de la Santé réitère son opposition aux centres d'injection supervisés, lors du lancement d'un guide sur la prévention du VIH/sida qui en fait précisément la promotion.
Dans une conférence de presse dont fait état le Globe and Mail, il a rejeté une fois de plus l'idée de recourir à des centres d'injection supervisés à l'intérieur d'une stratégie de réduction du risque destinée aux toxicomanes.
« Permettre ou encourager des gens à s'injecter de l'héroïne dans leurs veines ne constitue pas une réduction du risque. C'est le contraire. Nous croyons que c'est une forme d'addition du risque », a lancé le ministre.
Cette position est bien connue au Canada, mais le fait que M. Clement la réitère n'a guère plu aux responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est l'un des organisateurs de la conférence.
C'est que le ministre a réaffirmé la position d'Ottawa à l'occasion du lancement d'un guide de l'OMS sur les moyens à préconiser pour combattre l'épidémie. Le document fait précisément la promotion de centres d'injection supervisés.
Le guide soutient que « les centres d'injection supervisés ne sont pas une nouvelle forme d'intervention, mais un réemballage d'interventions existantes recommandées par l'OMS, comme les échanges de seringues, etc. Ils permettent à [ces] interventions d'être faites dans un environnement sûr, dans le but d'atteindre les toxicomanes les plus marginalisés et les plus vulnérables. »
M. Clement a louangé le document, précisant que le Canada appuyait les stratégies de réduction du risque, comme l'échange de seringues, les traitements à la méthadone ou d'autres programmes de réhabilitation. Il a toutefois rejeté l'idée de recourir à des centres d'injection supervisés.
Selon le Globe and Mail, des responsables de l'OMS ont été outrés par ces propos. La directrice associée du département de lutte contre le VIH/sida de l'OMS, Teguest Guerma, a déclaré à plusieurs reprises aux journalistes que l'OMS appuyait les stratégies de réduction du risque, « y compris toutes les interventions qui sont bénéfiques pour les toxicomanes ».
Le directeur du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, Peter Piot, a également livré un plaidoyer en faveur des centres d'injection supervisés. « Il est grandement temps que tous les pays du monde adoptent résolument tout le spectre des stratégies de réduction du risque pour les toxicomanes. Ne pas le faire ne fera que perpétuer la transmission de la maladie », a-t-il fait valoir.
Ottawa devant la Cour suprême
Pour le moment, un seul centre d'injection supervisé est ouvert au Canada. Il se trouve à Vancouver. En mai dernier, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a jugé que fermer le centre, comme souhaitait le faire Ottawa, serait inconstitutionnel.
Le tribunal a prolongé d'un an l'exemption à la loi fédérale réglementant certaines drogues et autres substances qui permet à la piquerie supervisée d'aider les toxicomanes et a donné à Ottawa jusqu'en juin 2009 pour modifier les articles de la loi qui contreviennent à la Charte des droits et libertés.
Ottawa a décidé de porter cette décision en appel.