Tandis que la signature du volet agricole de l'Accord de commerce intérieur du Canada est reportée à l'automne, les ministres de l'Agriculture annoncent l'injection de 1,3 milliard de dollars sur 5 ans dans le secteur agroalimentaire.
La rencontre fédérale-provinciale des ministres de l'Agriculture, qui se déroulait à Québec depuis mercredi, s'est soldée vendredi par une entente-cadre qui fixe les orientations de la nouvelle politique agricole canadienne.
C'est sur la base de cette entente que les provinces et le gouvernement fédéral négocieront les modalités provinciales d'application de la nouvelle politique agricole fédérale.
L'entente conclue par les ministres de l'Agriculture à Québec prévoit également l'injection, par Ottawa et les provinces, de 1,3 milliard de dollars sur cinq ans dans le secteur agroalimentaire canadien.
Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz (archives)
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PC/Colin Perkel
Le gouvernement du Canada assumera 60 % de cet investissement et les provinces, les 40 % restants, a expliqué le ministre fédéral de l'Agriculture Gerry Ritz.
En plus d'assouplir l'accès à des fonds par les agriculteurs du pays, cette nouvelle politique agricole doit également permettre, selon les ministres de l'Agriculture, un meilleur encadrement de la gestion des risques pour les agriculteurs, la fixation de paramètres environnementaux, en plus de stimuler l'innovation et le développement des marchés.
Questionné sur la portée de cette politique baptisée « cultivons l'avenir », le ministre Gerry Ritz a concédé qu'elle ne satisfaisait pas toutes les attentes de la Fédération canadienne de l'agriculture.
Le texte ne prévoit pas notamment d'accès aux régimes de compensation des pertes aux éleveurs de bétail.
Report du volet agroalimentaire de l'Accord sur le commerce intérieur
(archives)
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Pink
La présentation finale du volet agroalimentaire de l'Accord canadien sur le commerce intérieur, qui devait avoir lieu vendredi à Québec, a quant à elle été reportée.
Les ministres de l'Agriculture de l'Ontario, Leona Dombrowski, et du Québec, Laurent Lessard, ont convenu avec leurs homologues des autres provinces de surseoir à la signature de l'entente jusqu'au 31 octobre prochain. L'objectif étant d'apporter des modifications au texte de l'accord d'ici là.
Les ministres de l'Agriculture poursuivront donc leurs pourparlers en vue d'apporter des précisions au texte de l'accord à la suite de vives protestations, cette semaine, des agriculteurs et des groupes de consommateurs.
Inquiétudes
Certaines dispositions du volet agroalimentaire de l'Accord canadien sur le commerce intérieur ont fait bondir les milieux agricoles et alimentaires dans plusieurs provinces. Selon plusieurs organismes d'agriculteurs et de consommateurs du pays, l'article 9 du texte de l'accord est flou et imprécis. On craint par conséquent que ces imprécisions ouvrent la porte à un nivellement par le bas des normes de qualité et d'identification des produits.
Plusieurs provinces, dont le Québec, possèdent en effet d'importants programmes de mise en valeur et de développement des produits agroalimentaires locaux et de leur spécificité.
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CP PICTURE ARCHIVE/Adrian Wyld
Au Québec, plusieurs organismes se sont, entre autres, opposés à ce que le gouvernement québécois perde sa juridiction sur l'étiquetage des aliments au profit du libre commerce entre les provinces.
Les ministres de l'Agriculture ont donc convenu de poursuivre leurs négociations sur ces irritants au moins jusqu'à l'automne afin de trouver des solutions aux problèmes soulevés par le milieu agroalimentaire. Il s'agit aussi de mener des consultations auprès des clientèles visées dans leur province respective.
Bien que le volet agroalimentaire demeure ouvert, la nouvelle version de l'Accord sur le commerce intérieur canadien pourrait, malgré tout, être ratifiée par les premiers ministres du pays dans quelques jours, à Québec, lors du prochain Conseil de la fédération.
Si ce devait être le cas, la portion agroalimentaire de l'accord ne devrait pas être considérée comme définitive par les signataires.