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NationalDroits de la personne

Fin de mission pour Louise Arbour

Mise à jour le lundi 30 juin 2008 à 21 h 53

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La haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, la Canadienne Louise Arbour, quitte officiellement ses fonctions au terme d'un mandat de quatre ans aux Nations unies.

La magistrate d'origine montréalaise, âgée de 61 ans, quitte l'ONU la tête haute après avoir effectué un travail exemplaire sur la scène internationale où elle s'est illustrée par son sens du devoir et son engagement personnel dans l'exercice de ses fonctions.

La juge Arbour n'hésitait pas à se rendre en personne dans les pays les plus pauvres et dans les zones de tensions pour témoigner et constater par elle-même l'état des droits de la personne et les conditions de vie des populations visées. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est d'ailleurs dit très impressionné par le courage de Mme Arbour dans l'exercice de ses fonctions.

Louise Arbour laisse aussi sa marque au sein des Nations unies où son travail a permis de doubler les effectifs du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Ce qui a grandement renforcé la présence de l'organisme sur le terrain.

Une magistrate d'exception

Mais Louise Arbour ne s'est pas fait que des amis dans l'exercice de ses fonctions. Elle a dû essuyer à plusieurs reprises la réprobation des pays et des gouvernements dont elle dénonçait les pratiques abusives ou les violations des droits de la personne.

Louise Arbour, haute-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies

Photo: AFP/SHAH MARAI

Louise Arbour (archives)

Elle s'est, entre autres, attiré les foudres du gouvernement américain en 2005 après avoir dénoncé le réseau de prisons secrètes utilisées par les services de renseignements américains pour détenir et interroger de présumés terroristes à l'abri des lois et conventions internationales.

Les positions qu'elle avait adoptées dans le traitement des populations palestiniennes dans le conflit israélo-palestinien lui avaient aussi valu des remontrances de Washington.

Tout récemment, au Canada, le président du Conseil du Trésor, Vic Toews, a déclaré à la Chambre des communes que Mme Arbour était une honte, parce qu'elle avait déclaré en 2006, lors du conflit au Liban, qu'autant Israël que le Hezbollah pourraient être accusés de crimes de guerre s'ils ne faisaient pas plus pour protéger les populations civiles.

Une vie au service du droit

Née à Montréal en 1947, Louise Arbour s'est d'abord illustrée au Canada, où elle a été la première femme francophone à siéger à la Cour suprême de l'Ontario. La juge Arbour est ensuite passée sur la scène internationale à titre de procureure en chef du Tribunal pénal international (TPI) pour le Rwanda, puis pour l'ex-Yougoslavie.

En 1999, elle réussit contre toute attente à faire inculper Slobodan Milosevic pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

La même année, elle devient juge à la Cour suprême du Canada, avant de devenir, en 2004, haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme.

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