Des mesures contestées

Ghislain Picard Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador demande à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse d'enquêter sur l'application de nouvelles dispositions de la Loi sur la protection de la jeunesse.

De nouvelles dispositions de la Loi sur la protection de la jeunesse vont favoriser l'adoption rapide ou des projets de vie permanents pour les enfants placés par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Elles ont pour but d'éviter aux enfants d'être déplacés d'une famille d'accueil à une autre.

Or, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador demande à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse d'enquêter sur l'application de ces nouvelles dispositions législatives.

Les dirigeants les qualifient d'injustes pour leurs communautés qui n'ont pas accès aux mêmes services sociaux que les autres Québécois.

Dès juillet

À compter du 10 juillet, les enfants de moins de 2 ans, qui ont été placés par la DPJ et dont les parents ne se sont pas repris en mains, se verront offrir un projet de vie permanent.

Pour les enfants autochtones, dont le taux de placement est huit fois plus élevé que la moyenne québécoise, une telle mesure leur demandera alors d'aller vivre à l'extérieur de leurs réserves. Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, conteste ce fait.

« On reconnaît le contexte des communautés, on ne l'a jamais nié. Est-ce que ça veut dire qu'on garde le contexte tel quel et qu'on force les communautés à s'adapter à une loi qui ne reconnaît pas leur spécificité? Il y a quand même des différences culturelles qui sont évidentes à nos yeux. [...] On ne veut pas se soustraire à la loi, tout ce qu'on recherche, c'est vraiment un assouplissement dans certaines mesures qui pourraient se traduire par une suspension des projets de vie permanents. » — Ghislain Picard

Négociations et inégalité

Tandis que les négociations entre les deux ordres de gouvernements piétinent, des enfants pourraient être retirés de leurs familles jusqu'à l'âge de 18 ans dès juillet.

Ghislain Picard ajoute que les communautés autochtones n'ont pas accès aux mêmes services sociaux que les autres Québécois, parce qu'ils sont financés par le gouvernement fédéral et sont, du reste, insuffisants.

Les autochtones n'hésitent pas à faire un parallèle entre les pensionnats indiens et les nouvelles mesures de placement de la DPJ. Ils soutiennent que le résultat est le même, c'est-à-dire l'acculturation.

La Commission des droits de la personne dit examiner comment elle donnera suite à la demande de l'Assemblée des Premières Nations.