La ministre veut garder le contrôle

La ministre Christine St-Pierre La ministre Christine St-Pierre (archives)

La ministre de la Culture du Québec, Christine St-Pierre, rejette du revers de la main l'idée de placer l'Office québécois de la langue française (OQLF) sous la responsabilité de l'Assemblée nationale afin de soustraire l'organisme à toute ingérence politique.

Christine Saint-Pierre rejette l'idée de placer l'Office québécois de la langue française sous la responsabilité de l'Assemblée nationale afin de soustraire l'organisme à toute ingérence politique.

Cette proposition avait été mise de l'avant par Gérard Bouchard et Charles Taylor dans leur rapport sur les pratiques d'accommodements rendu public la semaine dernière.

Le rapport n'est pas tendre à l'endroit de l'OQLF. Il constate que la crédibilité de l'organisme a souffert de la controverse récente autour de la rétention de certaines études.

Les coprésidents croient que compte tenu de l'importance du dossier linguistique au Québec, tous gagneraient à ce que l'OQLF échappe à toute possibilité d'ingérence politique.

La solution serait, selon eux, que l'organisme relève de l'Assemblée nationale plutôt que de la ministre de la Culture. Mais la ministre St-Pierre ne croit pas que de tels changements soient nécessaires.

Le professeur Charles Castonguay de l'Université d'Ottawa Le professeur Charles Castonguay (archives)

Charles Castonguay, qui a été membre du comité de suivi de la situation linguistique de l'OQLF pendant cinq ans, croit au contraire qu'un coup de barre s'impose. À son avis, l'Office, tout comme le Conseil supérieur de la langue française, devrait sortir du giron de la politique partisane.

Charles Castonguay croit que Québec aurait intérêt à regarder du côté du Commissariat aux langues officielles qui relève du Parlement fédéral et qui dispose d'une marge de manoeuvre par rapport au gouvernement.

Après avoir rejeté la proposition de la Commission de retirer le crucifix de l'Assemblée nationale, c'est donc la deuxième fois en quelques jours que le gouvernement refuse d'appliquer une proposition de la Commission.