Prière au conseil municipal de Saguenay
Jeudi, après des mois de gestation, la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles a finalement accouché d'un rapport de 300 pages, intitulé Le temps de la conciliation. Les commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor formulent 37 recommandations à l'intention du gouvernement Charest, parmi lesquelles figure celle d'abandonner la prière au conseil municipal.
La Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables recommande aux conseils municipaux d'abandonner la prière.
Leur conclusion est sans équivoque: « Au nom du principe de neutralité, le crucifix à l'Assemblée nationale et la récitation de la prière aux réunions des conseils municipaux ne devraient pas avoir leur place dans un État laïc », notent-ils dans le résumé du rapport.
Cette proposition, qui fait d'ailleurs l'objet de frictions au Saguenay depuis les derniers mois, risque d'être vertement critiquée par le maire Jean Tremblay. Ce dernier estime que la séparation de l'État et de l'Église est contre-productive, voire contradictoire, puisque les deux pouvoirs recherchent le bien d'une même population. Le maire, qui est présentement en vacances, n'a toutefois pas encore réagi aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor.
Un rapport dont les conclusions appuient celles de la Commission des droits de la personne qui, la semaine dernière, au terme d'une enquête menée à Saguenay, a jugé que la prière avant les séances du conseil municipal est inappropriée.
Malgré l'avis de la Commission des droits de la personne et les recommandations de la Commission Bouchard-Taylor, le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, qui voit davantage la prière comme une minute d'humilité, a réitéré son intention de maintenir cette pratique au conseil municipal.
Quant à l'un des deux plaignants dans l'affaire de la prière, Christian Joncas, il a préféré être discret sur le rapport de la commission, affirmant simplement qu'il est très satisfait des recommandations.
La semaine dernière, M. Joncas a menacé de porter plainte aux Tribunal des droits de la personne, si le maire Jean Tremblay persiste à réciter la prière avant les séances du conseil municipal.