Non aux lieux de prière

Diane de Courcy La présidente de la CSDM, Diane de Courcy (archives)   © archives

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) est globalement satisfaite du rapport de la Commission Bouchard-Taylor, à l'exception de deux points qui l'irritent. Les congés religieux pour les enseignants et les lieux de prière dans les écoles constituent deux éléments du rapport inapplicables dans le milieu scolaire, selon la CSDM.

Le rapport de la Commission Bouchard-Taylor souhaite que les écoles mettent à la disposition des élèves et du personnel des lieux de prière. Une suggestion que rejette du revers de la main la CSDM.

En entrevue avec Radio-Canada.ca, la présidente de la CSDM, Diane de Courcy, a expliqué que la convention collective rend impossible l'application des congés religieux. Les instituteurs devraient compenser leur journée de congé par une autre journée de travail pour éviter de créer des injustices.

« Nous voudrions bien accommoder les professeurs pour des congés religieux, mais la convention collective rend la chose inapplicable. » La présidente estime qu'il s'agit plus d'un voeu pieux que d'une réelle recommandation. De plus, Mme de Courcy juge la suggestion vague et imprécise, ce qui la rend d'autant plus inapplicable.

Extrait du rapport de la Commission Bouchard-TaylorÀ propos des congés religieux, nous pensons que lesadministrateurs publics et privés devraient s'orienter vers laformule dite des congés payés avec contrepartie. C'est la formulequi nous semble la plus équitable pour tous les travailleurs. Elleconsiste à n'accorder aucun jour de congé supplémentairerémunéré. Par contre, diverses modalités permettent d'accommoderles demandeurs; par exemple: puiser dans une banque dejours de vacances, de congés sociaux ou personnels mobiles,de congés fériés, ou encore s'engager à remettre les heuresde travail.

Non aux lieux de prière

Si la présidente se dit ouverte en ce qui concerne le premier irritant, pour autant que la mesure puisse s'appliquer, le second écueil rencontre tout simplement une fin de non-recevoir. Pas question d'ouvrir les écoles aux lieux de prières. « Nous avons des élèves de 150 langues maternelles différentes et de diverses confessions religieuses, confie Mme de Courcy. S'il faut qu'on accommode tout le monde, nos écoles se transformeront en véritables tours de Babel. »

Extrait du rapport de la Commission Bouchard-TaylorPour ce qui est des lieux de prière dans les établissements publics, nous nous alignons sur la résolution adoptée le 3 février 2006 par la Commission des droits de la personne et des droits de lajeunesse. Sur la base de cette résolution, on peut conclure queles institutions d'enseignement ne sont pas tenues d'instituer deslieux de prière permanents. Il leur revient de prendre une décisionà ce sujet en fonction de leur situation. Par contre, il entre tout àfait dans l'esprit des ajustements ou des accommodements d'autoriser pour des fins de prière l'utilisation de locauxprovisoirement non occupés.

Les écoles de la CSDM constituent des lieux où se pratique une laïcité ouverte, et la présidente de Courcy souhaite qu'il en demeure ainsi. Elle ne voit d'ailleurs aucun problème à ce que les enseignants arborent des signes religieux. « Nous avons des enseignants qui portent une petite croix dans le cou et d'autres qui portent un voile dans les cheveux. Nous apprécions l'attitude de nos enseignants en cette matière », poursuit Mme de Courcy.

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