Des avocats canadiens se font entendre

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Un dessin représentant Omar Khadr lors d'une audience devant la justice militaire américaine à Guantanamo. Un dessin représentant Omar Khadr lors d'une audience devant la justice militaire américaine à Guantanamo. (archives)   © AFP/Janet Hamlin

Après l'avocat américain William Kuebler et le sénateur canadien Roméo Dallaire, une nouvelle voix d'importance se lève pour réclamer le rapatriement du seul Canadien détenu à la base américaine de Guantanamo, Omar Khadr.

Le président de l'Association du Barreau canadien demande à Ottawa de rapatrier Omar Khadr, le seul Canadien emprisonné à Guantanamo, afin d'assurer un procès juste pour des accusations qui remontent à son adolescence.

Le président de l'Association du Barreau canadien (ABC), Me Bernard Amyot, soutient que le procès que doit subir Omar Khadr, l'été prochain, serait injuste. Il demande à Ottawa d'exiger des États-Unis qu'ils renvoient le ressortissant canadien au Canada, où il pourra être jugé en vertu de la loi antiterroriste, comme enfant ou comme adulte.

Omar Khadr, aujourd'hui âgé de 21 ans, est accusé par l'armée américaine d'avoir lancé une grenade qui a causé la mort d'un soldat américain dans un combat armé en 2002, lorsqu'il n'avait que 15 ans.

Des organismes de défense des droits de l'homme ont déjà souligné le fait que le Canada et les États-Unis ont signé un protocole des Nations unies sur la protection des enfants-soldats. Le procès militaire prévu à Guantanamo, où Omar Khadr sera jugé en tant qu'adulte pour des accusations se rapportant à son enfance, violerait donc l'esprit de cet accord.

Me Amyot a présenté sa requête lundi devant des députés fédéraux chargés d'étudier le cas d'Omar Khadr. Jusqu'à présent, le gouvernement canadien, tant conservateur que libéral, a refusé d'intervenir dans ce dossier et a affirmé qu'il devait laisser les procédures militaires américaines suivre leur cours.

Le président de l'ABC estime que la détention d'Omar Khadr sans procès juste viole les règles de droit. « Le respect de la justice est remis en question lorsqu'un individu est impopulaire et accusé de crimes graves. C'est à ce moment-là que nous devons défendre ce droit. La règle du droit requiert que nous reconnaissions les droits de tous, et non seulement ceux des privilégiés », a déclaré Me Bernard Amyot.

La semaine dernière, l'avocat américain d'Omar Khadr, le lieutenant-commandant William Kuebler, a rappelé que son client était le fils d'un homme considéré comme un des financiers du réseau Al-Qaïda, Ahmed Saïd Khadr. La justice américaine risque donc d'être intraitable envers lui, a-t-il affirmé.

Pour sa part, le général à la retraite Roméo Dallaire a averti le gouvernement que la réputation du Canada souffrirait du fait qu'on laisse un ancien enfant-soldat être emprisonné aux États-Unis.