Le lieutenant-commandant William Kuebler
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PC/Tom Hanson
De passage à Ottawa, l'avocat américain du ressortissant canadien Omar Khadr a plaidé devant un sous-comité des Affaires étrangères aux Communes en faveur du rapatriement de son client.
L'avocat américain du jeune ressortissant canadien livre un plaidoyer pour son rapatriement devant un sous-comité des affaires étrangères aux Communes. Omar Khadr est détenu à Guantanamo depuis 2002.
« Il ne s'agit pas de donner à ce jeune homme une seconde chance: il n'a jamais eu de première chance. L'unique bénédiction qu'il ait jamais eue est d'être né Canadien. Ce pays représente maintenant son dernier espoir », a avancé William Kuebler.
Le lieutenant-commandant Kuebler est en effet convaincu que, malgré l'absence de preuve sérieuse contre son client, ce dernier a toutes les chances d'être condamné à vie, s'il est jugé par un tribunal militaire.
Il ajoute qu'un tel tribunal sera d'autant plus intraitable qu'Omar Khadr est le fils d'Ahmed Saïd Khadr, maintenant décédé, et considéré comme un des financiers d'Al-Qaïda.
« Omar se considère comme une victime des décisions prises par sa famille à sa place [...] Il n'a pas choisi d'aller se battre en Afghanistan, en tant qu'enfant-soldat de 15 ans », a encore expliqué son avocat.
Selon William Kuebler, seul son rapatriement pourrait permettre au ressortissant canadien, détenu à la base américaine de Guantanamo, d'avoir un procès équitable.
C'est d'ailleurs la voie qu'ont choisi de suivre tous les pays occidentaux qui avaient des ressortissants mineurs détenus sur la base navale.
Omar Khadr (archives)
Omar Khadr, un Canadien de 21 ans, est accusé par l'armée américaine d'avoir lancé une grenade qui a causé la mort d'un soldat américain en Afghanistan en 2002.
Le jeune homme, actuellement détenu à Guantanamo, sur l'île de Cuba, avait 15 ans à l'époque des faits, mais il sera jugé comme un adulte, conformément au fonctionnement du tribunal militaire. Ses défenseurs ont jusqu'ici avancé, en vain, que cela violerait le protocole international sur les enfants-soldats, dont le Canada est d'ailleurs signataire.
Mais à l'instar du gouvernement libéral précédent, le gouvernement conservateur refuse d'intervenir dans l'affaire. Il n'a d'ailleurs pas réagi aux déclarations de Me Kuebler.
Le député conservateur Jason Kenney, qui siégeait à la commission lors du témoignage, a néanmoins affirmé que le procès américain est légal. Selon lui, il n'existe pas de disposition permettant de traduire Omar Khadr devant un tribunal canadien. « Il n'a pas commis de crime au Canada. Il n'a pas tué de Canadien à l'étranger. Qu'est-ce qui pourrait justifier sa prise en charge par la justice canadienne s'il était transféré ici? », a-t-il déclaré.
William Kuebler estime cependant que le jeune homme pourrait être traduit devant une cour canadienne pour délinquants juvéniles sur la base des autres activités qu'il a eues en Afghanistan.
Le libéral Bill Graham, qui était à l'époque de l'arrestation d'Omar Khadr ministre des Affaires étrangères, concède que la situation a depuis changé et qu'il ne faut pas exclure son rapatriement.