Une erreur administrative, selon la ministre

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Diane Finley Diane Finley (archives)

L'émission d'un visa de résidence temporaire à un présumé terroriste par le Haut Commissariat du Canada à Londres, l'été dernier, était une erreur administrative, selon la ministre de l'Immigration, Diane Finley.

Questionnée sur l'émission d'un visa qui a permis à un présumé terroriste lié à Al-Qaïda d'entrer au Canada en juillet 2007, la ministre fédérale de l'Immigration, Diane Finley, a déclaré qu'il s'agissait d'une erreur administrative.

« Ce cas est un incident isolé et le résultat d'une erreur administrative », a déclaré la ministre Finley, vendredi. Elle n'a toutefois pas expliqué comment un présumé terroriste lié au réseau Al-Qaïda avait pu réussir à obtenir ce visa, alors qu'il était fiché au Canada.

Le ministère de l'Immigration a depuis revu ses pratiques pour éviter que ce genre d'erreur se répète, a-t-elle assuré.

Pour le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, cet incident aura tout de même prouvé que le système canadien de surveillance fonctionne, puisque le présumé terroriste a été intercepté aux douanes canadiennes, a-t-il déclaré vendredi, dans un communiqué.

Intercepté à Toronto

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, un présumé terroriste lié au réseau Al-Qaïda a réussi à poser le pied en sol canadien le 12 juillet dernier, avant d'être intercepté par les autorités canadiennes à l'aéroport Pearson de Toronto.

Douanes

Dans une note secrète au ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, datant du 17 juillet 2007, obtenue par Radio-Canada, la direction de l'Agence des services frontaliers du Canada explique que l'homme, d'origine pakistanaise, est soupçonné d'être impliqué dans le programme d'armes de destruction massive d'Al-Qaïda.

Le présumé terroriste, dont l'identité n'a pas été révélée, arrivait de Newcastle, au Royaume-Uni. Il était muni d'un visa de résidence temporaire, délivré par le Haut Commissariat du Canada à Londres.

Note de l'Agence des services frontaliers au sujet d'un présumé terroriste La note transmise au ministre Day

En vérifiant son passeport, les douaniers canadiens ont constaté que l'individu était fiché par les autorités canadiennes. Selon les notes obtenues par Radio-Canada, il a subi un interrogatoire, mais a ensuite demandé à retourner en Angleterre et a renoncé à son visa.

Le pilote de l'avion a refusé de l'embarquer. L'homme a été transporté dans un centre de détention de Toronto. Les autorités ont pris ses empreintes et sa photo.

La note ne mentionne pas cependant si la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ou le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont interrogé le présumé terroriste.

Le 13 juillet, soit le lendemain de son arrivée au Canada, l'individu a été déporté vers la ville de Manchester, au Royaume-Uni. Les autorités britanniques en ont été averties. On ignore toutefois où il se trouve maintenant.

Des trous dans le filet

Stéphane Leman-Langlois, directeur de l'équipe de recherche sur le terrorisme de l'Université de Montréal Stéphane Leman-Langlois, de l'Université de Montréal

Comment ce présumé terroriste a-t-il réussi à obtenir un visa et à déjouer les contrôles des aéroports britanniques? Selon le directeur de l'équipe de recherche sur le terrorisme de l'Université de Montréal, Stéphane Leman-Langlois, le transfert de ces informations ne se fait pas facilement.

« Certaines organisations ont des informations qu'elles ne partagent pas entièrement ou pas du tout avec d'autres organisations qui ont, elles aussi, leurs silos, donc une espèce de montagne d'informations qui est séparée de l'autre », a expliqué M. Leman-Langlois à Radio-Canada.