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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

National

Mise à jour le mardi 8 avril 2008 à 20 h 41
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Audiences du CRTC

Une manne cruciale

Sylvain Lafrance, vice-président principal des services français de Radio-Canada, aux audiences du CRTC

Sylvain Lafrance, vice-président principal des services français de Radio-Canada

La première journée des audiences sur l'avenir de la télévision et de la câblodistribution canadiennes du CRTC a été l'occasion pour CBC/Radio-Canada de réitérer son plaidoyer en faveur d'un accès pour les chaînes généralistes, privées et publiques, aux redevances d'abonnement par câble et par satellite.

Sous le régime actuel régi par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), les entreprises qui distribuent les signaux doivent verser des redevances aux chaînes de télévision spécialisées. Cette manne constitue d'ailleurs leur principale source de revenus.

Or, Radio-Canada soutient que les radiodiffuseurs conventionnels ne parviennent plus à financer de manière appropriée leurs opérations avec leurs seuls revenus publicitaires, en raison de la fragmentation de l'auditoire et de la compétition de l'Internet.

CBC/Radio-Canada, dont une partie du financement est assurée par des fonds publics, estime sa situation similaire à celle des télévisions généralistes privées comme CTV et TVA.

Le vice-président principal des services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, estime que la survie des télévisions conventionnelles est liée à l'obtention de ces nouveaux revenus, car c'est le contenu qui les distingue qui coûte le plus cher à produire.

« Le jour où il n'y aura plus de conventionnelles, il n'y aura plus de télévisions pour lancer des grandes séries dramatiques, pour faire des grands bulletins d'information, pour soutenir des stations régionales. Et le jour où on n'aura plus ça, on aura énormément de quantité de chaînes, mais peu de qualité en télévision », a plaidé M. Lafrance.

Rogers Communications a qualifié de taxe déguisée cette idée de donner accès aux chaînes généralistes aux revenus d'abonnement par câble ou par satellite. Il estime que cette redistribution de revenus ne peut en effet se faire qu'en augmentant les tarifs d'abonnement, ce qui se traduirait par une baisse de la clientèle.

Radio-Canada estime pour sa part que cela pourrait se faire sans augmentation substantielle, et en renforçant du même coup le contenu canadien. Elle propose en effet que le service de base, d'achat obligatoire pour les abonnés s'ils veulent avoir accès aux autres services, soit composé exclusivement de chaînes canadiennes, et à faible coût. Elle souhaite de plus qu'il comprenne les radiodiffuseurs publics locaux, suivant les régions.

Elle ajoute qu'il faudra explorer de nouvelles occasions de revenu pour les entreprises de distribution de radiodiffusion (EDR), afin de contrebalancer les droits que celles-ci verseraient alors aux chaînes généralistes.

Il s'agit du premier examen global des entreprises de distribution de radiodiffusion, ainsi que des chaînes de télévision spécialisées depuis 1993. Les principaux joueurs de l'industrie télévisuelle canadienne défileront en grand nombre à Gatineau au cours des trois prochaines semaines.

Mercredi verra la comparution de Bell Canada, propriétaire du distributeur de signaux par satellite Express-VU.

Les audiences du CRTC permettront aussi de jauger de la pertinence d'ouvrir davantage ou non le marché canadien aux chaînes spécialisées américaines.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne


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