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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

National

Mise à jour le jeudi 20 mars 2008 à 18 h 20
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Base militaire de Trenton

Des plans stratégiques à la poubelle

Un avion décollant de la base militaire de Trenton

Photo: La Presse Canadienne /Kevin Frayer

Un avion décollant de la base militaire de Trenton

Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Stockwell Day, se dit préoccupé par la découverte, dans des poubelles du quartier Glebe, à Ottawa, de plans de construction du nouveau quartier général d'une unité d'élite chargée d'intervenir en cas d'une attaque perpétrée avec une arme de destruction massive.

Le quotidien Ottawa Citizen a révélé jeudi que les plans des nouvelles installations de l'Unité interarmées d'intervention du Canada - Incidents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (UIIC) ont été retrouvés le 13 mars dans des déchets empilés sur un trottoir de la rue Bank, à Ottawa.

Les plans se trouvaient dans l'un des sept rouleaux aperçus par Anthony Salloum et la personne qui l'accompagnait au moment où ils se rendaient dans un restaurant de ce quartier à la mode de la capitale fédérale, où ne se trouve pourtant aucun immeuble abritant des employés du ministère de la Défense nationale. Après avoir pris leur repas, tous deux sont repassés dans le secteur et M. Salloum a alors emporté un des sept rouleaux de documents qu'ils avaient aperçus à l'aller.

Anthony Salloum

Anthony Salloum

Le rouleau contenait 26 pages détaillant les plans de construction du nouveau quartier général de l'UICC, une unité d'élite du Commandement de la Force d'opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN), créée au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Le Citizen, qui a consulté ces plans datés du 5 mars, indique qu'ils contenaient des détails sur le système d'alimentation électrique du réseau informatique, le réseau d'égouts, les ateliers de travail, les quais de chargement donnant sur la baie de Quinte et du lieu d'entreposage des robots de l'unité destinés à détecter la présence d'agents chimiques ou biologiques.

« Ce n'était pas écrit "document secret". Il était juste écrit dans le coin "Défense nationale - National Defense, Trenton Eight Wing". C'était tout ce que j'étais capable de voir. [...] Il n'y avait aucune marque au-dessus. Quand je l'ai ouvert chez moi, par après, il n'y avait aucune marque qui disait "Top Secret", "Secret", rien », s'étonne M. Salloum, qui est directeur des programmes à l'Institut Rideau.

Enquête en cours

L'Institut Rideau dit avoir contacté la Défense nationale afin de lui remettre les plans en sa possession. On ne sait pas avec certitude ce qu'il est advenu des six autres rouleaux de documents aperçus par M. Salloum, bien qu'il soit vraisemblable qu'ils aient tout simplement été ramassés par les éboueurs et jetés dans un dépotoir de la ville.

Le colonel Michael Day, responsable du COMFOSCAN, a expliqué au Citizen que la priorité consistait d'abord à limiter les dommages en « récupérant ce qui pouvait être récupéré », avant de tenter de déterminer s'il s'agit là d'un incident isolé ou si d'autres documents doivent être retrouvés.

Le ministre Stockwell Day a confirmé jeudi qu'une enquête est en cours afin de déterminer comment les plans de l'UICC ont pu se retrouver exposés à la vue de tous. Il a précisé qu'il est encore trop tôt pour déterminer si la découverte de ces informations cruciales allait forcer le gouvernement à modifier ses plans.

Coïncidence

Curieusement, l'Institut Rideau, pour lequel travaille M. Salloum, est un centre d'études réputé à gauche, qui a souvent critiqué les politiques canadiennes en matière de défense. M. Salloum affirme que le fait qu'il ait découvert ses documents est une pure coïncidence. Il assure qu'il ne s'agit pas d'une fuite orchestrée et avance, en guise d'hypothèse, que les documents pourraient avoir été abandonnés par un employé d'une entreprise de construction.

L'UICC est actuellement hébergée dans différents bâtiments de la base militaire de Trenton.

Un document publié en septembre 2004 par le Registre canadien d'évaluation environnementale spécifiait que le nouveau quartier général de l'unité, d'une superficie de 4000 à 5000 mètres carrés, comprendrait, en plus de l'espace général consacré aux bureaux et à l'administration, une enceinte pour les véhicules militaires, un stationnement pouvant accueillir 75 véhicules civils, une baie de lavage pour les véhicules, un entrepôt pour le pétrole, l'huile et les lubrifiants et un atelier pour les accumulateurs.

La COMFOSCAN est également composée de la Force opérationnelle interarmées 2 d'Ottawa ainsi que du 427e Escadron d'aviation des opérations spéciales et du Régiment des opérations spéciales (ROSC) de Petawawa.


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