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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

National

Mise à jour le samedi 1 mars 2008 à 5 h 01
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Affaire Cadman

Après la veuve, la fille

Jodi Cadman

Jodi Cadman

Le premier ministre Stephen Harper a déclaré jeudi « qu'il n'y avait absolument rien de vrai » dans les allégations selon lesquelles les conservateurs avaient tenté de soudoyer le député indépendant Chuck Cadman, à l'article de la mort, en 2005.

L'enregistrement d'une entrevue que M. Harper a accordée à ce moment-là semble suggérer autre chose.

Lors d'une session houleuse à la Chambre des communes jeudi, Stephen Harper a dit aux députés qu'il avait enquêté sur les allégations, et sa conclusion était catégorique.

« Ces allégations sont fausses et irresponsables », a affirmé le premier ministre.

La fille de Cadman confirme

Selon la veuve du député indépendant Chuck Cadman, Dona, les conservateurs ont proposé à son mari une police d'assurance vie d'une valeur de 1 million de dollars, en échange de son appui lors d'un vote de confiance crucial en 2005.

La fille de Chuck Cadman, Jodi, corrobore maintenant les déclarations de sa mère, en affirmant qu'avant de mourir, son père lui a confié que les conservateurs lui avaient proposé une police d'assurance vie.

Les allégations de la veuve de M. Cadman sont reprises dans le livre Like a rock: the Chuck Cadman story du journaliste Tom Zytaruk, qui sera publié en mars.

Le premier ministre Harper est cité dans le livre. Il était alors chef de l'opposition officielle et avait accordé une entrevue à l'auteur du livre, peu de temps après la mort de M. Cadman en 2005.

L'enregistrement

Radio-Canada a obtenu copie d'un enregistrement audio de l'entrevue. En voici un extrait:

« La police d'assurance d'un million de dollars, en étiez-vous au courant? » demande l'auteur du livre à Stephen Harper.

Chuck Cadman

Chuck Cadman

« Je ne connais pas les détails. Je sais qu'il y a eu des discussions », répond M. Harper dans l'enregistrement. « Ceci n'est pas pour publication? » demande-t-il.

« C'est pour un livre, pas pour le journal », répond l'auteur Tom Zytaruk, qui travaille pour un journal de Surrey, en Colombie-Britannique.

M. Harper explique davantage dans l'enregistrement que l'offre à M. Cadman « était seulement pour couvrir les pertes financières qu'il aurait pu subir en raison d'une élection ». M. Harper ajoute que l'offre a été faite par des représentants « légitimes du parti ».

Stephen Harper dit aussi à M. Zytaruk qu'il doutait fort que M. Cadman accepterait l'offre.

« Ils voulaient le faire, mais je leur ai dit qu'ils perdaient leur temps. J'ai dit que Chuck avait déjà pris sa décision [de voter avec les libéraux sur le budget du gouvernement minoritaire de Paul Martin] », a déclaré M. Harper.

La polémique se poursuit

Pour une deuxième journée consécutive, l'affaire a retenti à la Chambre des communes, vendredi. L'opposition a de nouveau attaqué le gouvernement conservateur, invoquant le rôle présumé du premier ministre Harper dans l'offre financière présentée à M. Cadman.

De leur côté, les conservateurs sont restés sur la défensive, affirmant n'avoir jamais fait d'offre à l'ancien député indépendant, pendant qu'il luttait contre la mort.

Assailli par les questions des libéraux, le député conservateur James Moore a martelé que Chuck Cadman, un ancien membre de l'Alliance canadienne, a bien dit qu'il n'avait jamais reçu d'offre des conservateurs et de leur chef Stephen Harper.

L'opposition à la Chambre des communes demande à la Gendarmerie royale du Canada d'enquêter sur les allégations d'offre de pot-de-vin de la part des conservateurs au député Cadman.

Débat d'assureurs

Des experts interrogés par la Presse canadienne affirment qu'il est quasiment impossible de trouver un assureur prêt à accorder une police de un million de dollars à une personne en phase terminale.

« Si vous êtes en phase terminale, vous n'êtes pas assurable [pour 1 million de dollars] », a déclaré Ken Hunter, partenaire avec la firme torontoise Hunter McCorquodale, qui offre de l'assurance vie à des clients dits « difficiles ».

« Si j'étais l'assureur, j'aurais besoin de plus de un million de dollars pour couvrir le coût de cette affaire », a ajouté M. Hunter.

Pour sa part, la porte-parole de l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes, Wendy Hope, a indiqué qu'assurer une personne à l'article de la mort serait « hautement inhabituel, sinon impossible ».

Radio-Canada.ca avec CBC et Presse canadienne


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