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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

National

Mise à jour le vendredi 8 février 2008 à 21 h 56
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Afghanistan

Une prolongation de près de 3 ans

2500 soldats canadiens sont actuellement déployés en Afghanistan.

Photo: La Presse Canadienne /Tobi Cohen

2500 soldats canadiens sont actuellement déployés en Afghanistan.

À la Chambre des communes, le gouvernement Harper a déposé vendredi la motion portant sur le prolongement de la mission de combat à Kandahar, en Afghanistan, qui fera l'objet d'un vote de confiance.

Le texte de la motion reprend l'essentiel des recommandations formulées le mois dernier par le comité d'experts dirigé par l'ancien ministre libéral des Affaires étrangères John Manley.

Une nouveauté toutefois: la motion, si elle est acceptée, prévoit la poursuite de la mission jusqu'à la fin de 2011. Le rapport Manley s'était abstenu de fixer une échéance. Les 2500 militaires canadiens actuellement en Afghanistan doivent y rester jusqu'en février 2009, jusqu'à nouvel ordre.

La motion stipule concrètement que le Canada poursuivra sa mission en conformité avec le mandat des Nations unies, mais en mettant de plus en plus l'accent sur la formation de l'Armée nationale afghane, afin qu'elle puisse assurer la sécurité du pays et que l'implication des Forces canadiennes dans les combats soit réduite d'autant.

La poursuite de la mission est toutefois conditionnelle, tel que le proposait le rapport Manley, au déploiement, d'ici février 2009, de 1000 militaires supplémentaires par un autre pays et à l'envoi d'hélicoptères de transport de moyen tonnage et de drones (avions sans pilotes) pour des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.

Le préambule de la motion spécifie en outre que les efforts de reconstruction soient réorientés de manière à mettre davantage l'accent sur « l'assistance directe et bilatérale à des projets qui répondent aux besoins immédiats et concrets du peuple afghan, en particulier dans la province de Kandahar ».

La décision est simple. Soit vous appuyez la mission militaire en Afghanistan, soit vous ne l'appuyez pas. — Peter Van Loan, leader du gouvernement en Chambre

Le vote sur cette motion de confiance aura vraisemblablement lieu au mois de mars. Si le gouvernement minoritaire perd ce vote, des élections seront déclenchées.

Comme le Bloc québécois et le NPD affirment depuis longtemps déjà qu'ils s'opposent à toute prolongation de la mission, le sort du gouvernement repose entre les mains des libéraux.

Vendredi, Stéphane Dion s'est exprimé à ce sujet devant une assemblée d'étudiants en Colombie-Britannique. Le chef libéral souhaite déposer des amendements sur la motion, après consultation du caucus de son parti.

Il demeure inflexible sur la date de fin de mission de combat, qu'il souhaite pour février 2009.

Par la suite, le Canada pourrait, selon lui, maintenir des troupes en Afghanistan, mais uniquement dans une perspective de mission de reconstruction.

Le parti, a-t-il dit, ne peut pas faire de « compromis par rapport à ses principes ».

L'espoir français

Pendant ce temps, les efforts déployés par le Canada pour trouver un partenaire suspectible d'envoyer des troupes supplémentaires dans le sud de l'Afghanistan semblent être en voie de porter leurs fruits.

Le chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, Ian Brodie, dirige une délégation de hauts responsables canadiens actuellement à Paris pour discuter du déploiement, dans le sud de l'Afghanistan, de 700 militaires français.

Le ministre canadien de la Défense, Peter Mackay.

Photo: La Presse Canadienne /Murray Brewster

Le ministre canadien de la Défense, Peter Mackay.

« Nous avons frappé à plusieurs portes. Certaines se sont ouvertes, dont celle de la France », a affirmé le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, au sortir d'une rencontre avec ses homologues des pays membres de l'OTAN à Vilnius, en Lituanie.

Selon M. MacKay, la délégation doit avoir des discussions sur « la façon dont cela peut se produire sur le plan logistique », une formulation qui laisse à penser que la décision du gouvernement français est déjà prise.

Après avoir rencontré M. MacKay jeudi, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a déclaré avoir dit « à mon homologue canadien que nous aiderions les Canadiens. Mais la solution ne dépend pas que de la France et tout cela doit se faire dans le cadre d'une réflexion globale ».

M. Morin, qui a fait état de « relations extraordinaires » entre M. Harper et le président français Nicolas Sarkozy, a toutefois invité les Canadiens à faire preuve de patience.

Vendredi, le premier ministre du Canada s'est aussi entretenu avec son homologue néerlandais, Jan Peter Balkenende. Les discussions ont surtout porté sur l'engagement conjoint des deux pays en Afghanistan. M. Harper a aussi répété les conditions pour que le Canada poursuivent sa mission en Afghanistan.

Les demandes du Canada, qui sont appuyées par les États-Unis, ont déjà entraîné une fin de non-recevoir de la part des Allemands. Dans une entrevue au quotidien Dziennik, le ministre de la Défense polonais a également déclaré que son pays refusait de déplacer son contingent dans le sud de l'Afghanistan.

Nouveau comité

Par ailleurs, le premier ministre Harper a annoncé la création d'un comité du Cabinet sur l'Afghanistan et d'un groupe de travail connexe, qui sera rattaché au bureau du Conseil privé.

Le comité se penchera sur les aspects de la mission canadienne qui se rattachent à la diplomatie, à la défense, au développement et à la sécurité. Il se rapportera au premier ministre et au comité du Cabinet chargé des priorités et de la planification.

Il sera présidé par le ministre du Commerce international, David Emerson, et regroupera aussi le ministre MacKay, le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, et ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier.

Le groupe de travail secondera le comité du Cabinet en coordonnant les activités gouvernementales qui ont trait à l'Afghanistan, indique le communiqué du bureau du premier ministre. L'ancien sous-ministre délégué des Affaires étrangères David Mulroney a été nommé sous-ministre responsable de ce groupe de travail.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne


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