En quête d'un trait d'union

La Commission Bouchard-Taylor à Montréal La Commission Bouchard-Taylor à Montréal

La commission Bouchard-Taylor a tenu dimanche à Montréal la dernière de ses quatre grandes consultations nationales organisées en collaboration avec l'Institut du Nouveau Monde (INM).

L'Institut du Nouveau Monde et la commission Bouchard-Taylor ont tenu à Montréal un dernier forum conjoint portant sur les valeurs communes qui guident la société québécoise.

Sous le thème « Qu'est-ce qui nous unit? », le forum, qui a réuni quelque 300 participants, avait pour but de réfléchir sur les valeurs qui rassemblent les Québécois et sur les actions à mettre en place pour améliorer l'intégration des immigrants à la société québécoise.

Pour le philosophe Georges Leroux, qui a ouvert le débat, la Charte québécoise des droits et libertés définit les principes qui unissent les Québécois, mais ne peut à elle seule répondre à la question de la raison d'être de notre vie en commun.

« Nous demandons: qu'est-ce qui nous unit? Nous répondons: d'abord les principes, les droits et les libertés recueillis dans nos chartes (canadienne et québécoise). Voulons-nous dire plus, pensons-nous que nous sommes capables de dire plus? », a-t-il lancé à l'assemblée.

Dans une société qui a évolué, le philosophe se demande s'il y a un supplément « moral » ou « spirituel » qui n'a pas été prévu dans la Charte, une « identité qui serait l'essence de notre société et qui contribuerait à nourrir des idéaux autres que ceux de nos droits ».

Le philosophe a donc appelé les participants à une réflexion sur les idéaux qui, tels l'altruisme, la solidarité, la justice sociale, pourraient servir de socle à une culture publique commune.

De son côté, le coprésident de la commission Gérard Bouchard a souligné que ce sont des luttes bien précises qui, au fil du temps, ont forgé les valeurs autour desquelles se retrouvent les Québécois, comme les combats pour la laïcité et l'égalité. Il se demande en conséquence comment faire de cette mémoire un projet à partager avec les nouveaux arrivants.

L'autre coprésident Charles Taylor a alors souligné la difficulté qu'il y a à partager avec d'autres des valeurs qui viennent d'expériences vécues.

« Le coeur du mot Québécois, c'est ceux qui ont vécu ensemble cette expérience. [...] Comment faire le passage, d'une expérience et d'un sentiment vécu, profond, en incluant les autres? », s'est demandé le philosophe.

La commission Bouchard-Taylor doit remettre son rapport de consultation au gouvernement du Québec le 31 mars.

Plus de 3400 personnes ont participé aux 22 forums organisés dans les quatre coins du Québec. Au total, 901 mémoires ont été déposés à la commission.