Ottawa accusé d'avoir menti

Transfert de prisonniers talibans par des membres des forces spéciales canadiennes Transfert de prisonniers talibans par des membres des forces spéciales canadiennes   © PC/Charles Rex Arbogast

La décision tenue secrète d'Ottawa de suspendre le transfert de prisonniers afghans a soulevé l'indignation de l'opposition à Ottawa, jeudi.

Les partis d'opposition affirment que le gouvernement a manqué de transparence en taisant, pendant plus de deux mois, qu'il avait mis fin aux transferts de détenus afghans.

Unanimement, les partis d'opposition ont accusé le gouvernement d'avoir manqué de transparence en mettant fin à cette pratique il y a plus de deux mois, en novembre dernier, sans le révéler publiquement.

Selon le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le premier ministre Stephen Harper a carrément menti à la population. M. Duceppe dit ainsi que le premier ministre savait que les prisonniers étaient victimes de mauvais traitements au moment même où il affirmait en Chambre que le Canada respectait toutes les conventions internationales et que tout était mis en place pour empêcher la torture.

Or, au moment où le premier ministre tenait ces propos, les Forces canadiennes avaient déjà suspendu le transfert des prisonniers.

Gilles Duceppe Gilles Duceppe

« Il [M. Harper] a menti à la population, il a menti à la Chambre. C'est grave. [...] Il le savait et il a dit le contraire », soutient le chef bloquiste.

« Si un gouvernement peut manquer ainsi de transparence sur la torture, un sujet aussi grave, quand est-ce qu'on va le croire ? », demande pour sa part le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion.

Ces informations sur la décision d'Ottawa ont été rendues publiques alors que la Cour fédérale se penche sur la légalité de ces transferts en vertu de la Charte des droits et libertés.

La section canadienne d'Amnistie internationale et l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (BCCLA) croient que les transferts ont été suspendus en raison des récentes preuves de torture dans les prisons afghanes.

Les deux groupes demandent donc une injonction pour empêcher les transferts, car un dirigeant de l'armée canadienne, le général Deschamps, a reconnu qu'ils pouvaient reprendre à tout moment.

Selon l'avocat d'Amnistie internationale, les prisonniers seront inévitablement torturés dès que les transferts reprendront.

De son côté, le gouvernement canadien refuse, pour des raisons de sécurité, de dévoiler combien de prisonniers sont détenus depuis novembre et le lieu où ils le sont.