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Scandale des commandites
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Un indicateur de la police a dénoncé Jacques Corriveau, un des principaux acteurs du scandale des commandites. C'est ce que révèle le mandat de perquisition de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et dont Radio-Canada a obtenu copie.
La perquisition a eu lieu le 4 juillet dernier au domicile de Saint-Bruno-de-Montarville, au sud de Montréal. Jacques Corriveau était présent, mais il n'a pas été arrêté. Aucune accusation n'a été portée contre lui à la suite de la perquisition.
Depuis 2002, les agents de la GRC enquêtaient sur le scandale lié au programme fédéral des commandites. En juillet dernier, ils estimaient avoir recueilli assez d'informations pour procéder à la perquisition chez Jacques Corriveau.
Selon le mandat de perquisition, certaines des informations provenaient d'un informateur, qui est lui-même entré en contact avec la police fédérale. La GRC lui a versé une somme d'argent en échange de ses renseignements.
![]() La perquisition a eu lieu le 4 juillet dernier. |
Au cours de la perquisition, les policiers ont saisi plusieurs centaines de documents, un disque dur d'ordinateur et de la correspondance.
Toujours selon ce qu'on peut lire dans le mandat de perquisition, la preuve recueillie par la GRC montre l'existence d'une fraude et d'un complot de fraude entre Jean Brault, Luc Lemay et Jacques Corriveau, par l'entremise de leurs compagnies respectives.
Mais de grands passages de l'enquête n'ont pas été divulgués aux journalistes. La GRC voudrait ainsi s'assurer de conserver l'anonymat de l'informateur. Elle voudrait aussi éviter de compromettre la nature et l'étendue des enquêtes en cour, ce qui pourrait dire que M. Corriveau n'est pas le seul individu à être encore sous la loupe des enquêteurs.
Radio-Canada conteste devant les tribunaux cette décision de la GRC de tenir secrètes des informations.
Un témoin peu bavard
![]() Jacques Corriveau lors de son témoignage devant la commission Gomery. |
Jacques Corriveau a été l'un des témoins-clés de la commission Gomery sur les malversations du programme fédéral des commandites. La collaboration étroite de son entreprise PluriDesign avec le gouvernement canadien lui a permis d'empocher 6 millions de dollars grâce au programme des commandites.
Dans son rapport final sur le scandale des commandites, le juge John Gomery avait décrit Jacques Corriveau comme étant « l'acteur principal d'un dispositif bien huilé de pots-de-vin qui lui a permis de s'enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLC ».
Mais lors de son témoignage devant la commission, M. Corriveau n'avait pas été très loquace sur son rôle dans le scandale des commandites. À plusieurs questions des avocats, il répétait inlassablement la même réponse: « aucune idée ».
Ce sont donc les autres acteurs du scandale des commandites qui ont révélé le rôle de M. Corriveau. Ainsi, Jean Brault l'a identifié comme l'intermédiaire qui récoltait de l'argent des commandites pour le Parti libéral, des sommes qu'il aurait remises en argent comptant à l'ancien président de l'aile québécoise du PLC, Michel Béliveau.
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