La commission a abordé vendredi la question des accommodements dans les centres de la petite enfance.
Les arrangements accordés aux enfants issus des différentes communautés religieuses dans les garderies sont débattus aux audiences de la commission qui se tiennent à Montréal.
Les coprésidents Gérard Bouchard et Charles Taylor.
S'il y a un endroit où les demandes d'accommodements raisonnables se font souvent, c'est bien dans les garderies, notamment celles de Montréal qui accueillent beaucoup d'enfants issus de l'immigration. Les CPE ont développé à cet effet des stratégies pour composer avec les demandes des parents de différentes religions.
Intervenant vendredi devant la Commission Bouchard-Taylor, auprès de laquelle elle a déposé un mémoire, la présidente du Regroupement des CPE de l'île de Montréal, Gina Gasparrini, a donné quelques exemples de ces cas d'accommodement.
La présence de porc dans les menus, les éducatrices qui portent le foulard islamique, la mixité dans les piscines sont parmi tant d'autres situations que les responsables des CPE sont appelés à gérer, selon Mme Gasparrini.
Elle a indiqué toutefois qu'elle ne voyait aucun problème dans ces cas. Dans son mémoire, le Regroupement a fait une seule recommandation, celle de favoriser l'approche interculturelle.
Mme Gasparrini a précisé que l'absence de la viande de porc dans certains CPE n'est pas seulement un arrangement pour les enfants issus de certaines communautés culturelles, mais elle est aussi souhaitée par des Québécois dits de souche, qui préféraient que leurs enfants n'en mangent pas ou ne consomment pas de viande du tout.
Des limites à l'accommodement
Invitée à donner un exemple d'accommodement qui a été refusé, Mme Gasparrini a parlé d'une éducatrice qui refusait de porter un maillot de bain dans la piscine pour accompagner des enfants. « Ça, ç'a causé un problème. La sécurité des enfants passe avant tout et ça prenait des adultes dans la piscine », a-t-elle expliqué.
Le coprésident Gérard Bouchard a rappelé de son côté le cas d'une éducatrice qui avait refusé à une enfant de quatre ans de faire une maquette de bricolage de l'oratoire Saint-Joseph, sous prétexte qu'il s'agissait d'un édifice religieux.
L'histoire avait été évoquée dans une lettre aux lecteurs parue dans un quotidien, en septembre dernier. « Cet exemple aurait peut-être dû être rangé du côté des échecs, vous ne croyez pas? » a demandé M. Bouchard, ce à quoi Mme Gasparrini a acquiescé.
Pour sa part, Michèle Marquis, consultante en pédagogie et en relations interculturelles auprès de CPE, a résumé que « l'enfant ne doit pas être pris en otage entre la demande du parent et le point de vue du CPE ».