What is the problem?

Commission Bouchard-Taylor Ce participant a dit n'avoir jamais ressenti de racisme ou d'intolérance au Québec.

Pour la première et seule fois de ses travaux, la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement a tenu un forum des citoyens en anglais, jeudi soir, à Montréal.

Des anglophones de Montréal profitent du seul forum en anglais pour critiquer la tenue même de la commission, disant ne ressentir aucun malaise par rapport à l'immigration ou aux accommodements raisonnables.

En tout, quelque 200 membres de la communauté anglophone de Montréal, représentant un vaste éventail des différentes confessions religieuses, ont participé à l'exercice.

La plupart des gens qui ont pris la parole, dont plusieurs immigrants, ont d'entrée de jeu indiqué ne pas se sentir brimés ou isolés par la majorité francophone du Québec. Plusieurs se sont d'ailleurs dits en faveur de la protection de la langue française. La majorité des participants ont aussi affirmé être très fiers d'être Québécois et Canadiens.

Plusieurs ont également profité de l'exercice pour critiquer la commission elle-même. Selon eux, la commission n'a pas lieu d'être, car ils disent ne pas ressentir de malaise face à l'immigration ou aux accommodements raisonnables, malaise exprimé à maintes reprises durant les forums précédents.

Selon les participants, il y a certains problèmes en ce qui concerne l'intégration économique des immigrants, mais pas du tout en ce qui concerne l'immigration en tant que telle ou encore les accommodements.

« En 40 ans, je n'ai jamais été témoin d'un seul incident raciste ou d'intolérance. Alors où est cette prétendue crise qui menace la société ? » s'est demandé un participant issu de l'immigration.

« Cette commission est contre-productive. Je crois qu'encourager les gens à venir pour exposer leur racisme n'est pas une solution », a indiqué pour sa part Natasha Mann. Mme Mann a également déploré le fait qu'on ait choisi deux hommes de race blanche, faisant partie de l'élite intellectuelle, pour présider une commission sur l'immigration et les accommodements envers les minorités.

Le français, une langue difficile

Plus tôt, lors des audiences, la communauté chinoise de Montréal a réclamé plus de ressources pour parvenir à bien s'intégrer à la société québécoise.

La porte-parole de l'organisme Service à la famille chinoise du Grand Montréal, Xixi Li, a souligné que l'apprentissage de la langue française était difficile pour les gens d'origine chinoise.

« Les langues françaises et chinoises sont très éloignées. Vous savez, l'expression "C'est du Chinois pour moi!", souvent, je dis "C'est du français pour moi!" » — La porte-parole de l'organisme Service à la famille chinoise du Grand Montréal, Xixi Li
Xixi Li Xixi Li

Cette difficulté d'apprentissage se double à des regroupements malheureux dans les cours de français. Ainsi, des Chinois se retrouvent avec des hispanophones - dont la langue est beaucoup plus près du français - et ne parviennent pas à suivre le rythme d'apprentissage. Mme Li demande ainsi une amélioration de la pédagogie pour permettre aux membres de sa communauté de s'intégrer.

Avec un sens de l'humour contagieux, Mme Li a expliqué comment les gens de sa communauté ont de la difficulté à accéder à des soins de santé en raison de l'obstacle linguistique.

Le chômage est également beaucoup plus élevé au sein des migrants chinois, malgré une scolarisation plus élevée que l'ensemble de la communauté d'accueil. Le taux de chômage serait deux à trois fois plus élevé chez les jeunes d'origine chinoise que chez les Québécois, selon Mme Li.

La communauté chinoise de Montréal compte quelque 80 000 membres dont seulement 55 % parlent français.

Un féminisme à redéfinir

Des représentantes du groupe Présence musulmane Montréal sont venues témoigner de leur désarroi de voir les féministes québécoises défendre une vision intégralement laïque.

Asmaa Ibnouzahir, de Présence musulmane Montréal Asmaa Ibnouzahir, de Présence musulmane Montréal

Elles leur reprochent de considérer comme irréconciliables le féminisme et la religion et soutiennent qu'il est possible de vivre l'égalité homme-femme même lorsque l'on porte le hijab, une réflexion appréciée par le coprésident de la commission Gérard Bouchard.

Elles insistent sur la différence entre la religion islamique et certaines traditions patriarcales qui maintiennent les femmes dans un état d'infériorité.

Présence musulmane est en profond désaccord avec la position du Conseil du statut de la femme qui veut que la liberté de religion soit limitée par le droit à l'égalité entre les hommes et les femmes et qu'aucun accommodement ne viole ce principe.

Des catholiques congolais dénoncent Hérouxville

La commission Bouchard-Taylor a également entendu des membres de la communauté catholique congolaise de Montréal. Selon eux, le code de conduite à l'intention des immigrants adopté par la municipalité d'Hérouxville, en Mauricie, est dangereux.

Les représentants estiment que les gens d'Hérouxville ont fait preuve d'arrogance en présentant la culture québécoise comme la meilleure des cultures à laquelle les nouveaux arrivants doivent adhérer.