Les jeunes s'expriment

La Commission Bouchard-Taylor à Sherbrooke La Commission Bouchard-Taylor à Sherbrooke.

La Commission Bouchard-Taylor s'est arrêtée mercredi à Sherbrooke, une ville cosmopolite perçue comme un modèle en matière d'intégration des immigrants.

Le forum des citoyens qui s'est tenu à Sherbrooke a été l'occasion pour beaucoup de jeunes de se prononcer sur les accommodements raisonnables et l'intégration des immigrants.

Beaucoup de jeunes étaient présents au forum des citoyens pour exprimer leurs opinions sur une question qui défraye la chronique québécoise depuis quelques mois.

Le jeune Gabriel Leboeuf a dit ne pas comprendre « en quoi sommes-nous brimés par les accommodements raisonnables », avant de constater que le discours de solidarité qu'on entend souvent au Québec « est en train de faire place à de l'intolérance ».

Sébastien Baillargeon a plaidé, lui, pour un Québec qui n'est pas habité seulement par des Québécois de souche. Il a dit toutefois vouloir « un Québec dont la seule langue publique et la seule langue de travail est le français et ça, il n'y a aucun accommodement qui peut se faire là-dessus ».

Catherine Tremblay, 13 ans et étudiante dans un séminaire, a ouvertement revendiqué le maintien des symboles religieux, comme la croix, y voyant une référence québécoise plutôt que religieuse.

Catherine Tremblay plaide pour le maintien des symboles religieux Catherine Tremblay plaide pour le maintien des symboles religieux.

Pour sa part, El Idrissia Habboub, une jeune femme musulmane qui porte le foulard, s'en est prise à ceux qui la critiquent. « Je ne comprends pas pourquoi on ne me croit pas quand je dis que le voile, je l'ai choisi », a-t-elle affirmé. Elle a ajouté que les femmes qui sont obligées de porter le voile doivent s'adresser aux tribunaux.

Antonio Rafia, établi au Québec depuis une vingtaine d'années, a invité de son côté les immigrants à s'adapter d'abord à leur société d'accueil. « Là où tu vas, fais ce que tu verras », a-t-il lancé.

Anne Bürgi, qui vit au Québec depuis 18 ans et qui travaille au Centre pour femmes immigrantes, a dénoncé l'agressivité que subissent, selon elle, les femmes musulmanes voilées. « Après tout ce qu'on a entendu à la commission, il n'est plus possible de nier la réalité d'une frange xénophobe au Québec », a-t-elle dit.

Un autre intervenant, Armel Bendzi, d'origine africaine, a constaté que le fait de parler français ne suffisait pas pour s'intégrer dans la société québécoise. Il en veut pour preuve les difficultés auxquelles sont confrontés les immigrants d'origine africaine dans leur recherche d'emploi, même s'ils parlent bien français.

Il a fustigé au passage le chef de l'ADQ: « Mario Dumont qui a attisé la division, la haine entre les Québécois de souche et les Québécois qui viennent de l'étranger ».

Sur les 270 personnes inscrites au forum de Sherbrooke, 247 personnes se sont présentées, la plupart des jeunes.