Sherbrooke, un modèle?

La Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles est de passage à Sherbrooke mercredi, jeudi et vendredi. Près de 300 personnes sont attendues à l'Hôtel Delta mercredi soir pour participer au forum des citoyens.

La Commission Bouchard-Taylor est de passage mercredi, jeudi et vendredi à Sherbrooke, une ville qui est perçue par certains comme un modèle en matière d'intégration des immigrants.

Au total, 24 mémoires et 8 témoignages seront entendus au cours des deux jours d'audiences. Le maire de Sherbrooke, Jean Perrault, et le président de la CSN-Estrie, Jean Lacharité, figurent notamment parmi les personnes qui présenteront un témoignage.

Centre-ville de Sherbrooke Sherbrooke (archives)

Perçue aux yeux de certains comme une ville modèle en matière d'intégration des immigrants, Sherbrooke est devenue en 2004 la première Ville québécoise fusionnée à se doter d'une politique d'intégration des nouveaux arrivants. La ville est également l'hôte depuis 10 ans du Festival des traditions du monde.

La directrice du Service d'aide aux Néo-Canadiens de Sherbrooke, Mercedes Orellana, explique que son organisme, qui compte 150 bénévoles, offre des services aux immigrants dès leur arrivée. « Parfois on va faire des jumelages d'amitié avec des familles pour les mettre en réseaux avec des personnes québécoises d'origine. On va aussi les aider plus tard. Ils peuvent venir n'importe quand dans les premières années », explique-t-elle.

Mohamed Elmir, qui est propriétaire d'une épicerie fine à Sherbrooke depuis 13 ans, est fier de vivre en Estrie. « À mon avis, Sherbrooke c'est un modèle d'intégration pour les immigrants. [...] Je n'ai jamais été pointé du doigt comme un musulman. J'ai toujours été pointé du doigt comme quelqu'un qui fait partie de cette société là », estime-t-il.

Revers de la médaille

Quoi qu'il en soit, les immigrants qui s'installent à Sherbooke se heurtent parfois à certaines difficultés. Le taux d'occupation des logements est notamment très élevé et il est parfois difficile pour les nouveaux arrivants de trouver du travail.

« Je pense que l'accommodement raisonnable, ça devrait aussi être centré sur l'intégration sur le marché du travail et non pas nous distraire des religions de qui que ce soit », croit Mulinjjwa Kibukila, un immigrant d'origine africaine.

L'Estrie accueille chaque année près de 700 immigrants.

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