Au premier jour des audiences de la commission Bouchard-Taylor à Laval, la question des accommodements dans le milieu de santé a fait surface.
Le Centre de santé et de services sociaux de Laval, confronté à la demande d'une employée qui voulait porter le hijab dans le bloc opératoire, a établi des balises pour étudier les demandes d'accommodements raisonnables en santé.
Marie-Ève Bouthillier, éthicienne clinique du Centre de santé et de services sociaux de Laval
Venue présenter un mémoire, la direction du Centre de santé et de services sociaux (CSS) de Laval a indiqué avoir dû se pencher sur la demande d'une inhalothérapeute qui voulait porter le hijab dans le bloc opératoire. Il s'agissait de la première demande d'accommodement à laquelle était confronté le CSS.
Le directeur général du CSS de Laval, Luc Lepage, et l'éthicienne clinique du centre, Marie-Ève Bouthillier, ont expliqué que la demande avait été refusée en raison de « la prévention des infections », mais que la décision finale n'avait pas encore été prise.
À la suite de cette demande, la direction du CSS a formé un groupe de travail sur les accommodements en santé. Elle a aussi déterminé les balises selon lesquelles les demandes d'accommodements devront être étudiées à l'avenir.
Ainsi, toute demande devra être évaluée selon quatre critères:
Mieux préparer les immigrants
Un groupe de citoyens de Laval a aussi témoigné devant la commission pour dire que le gouvernement devrait mieux renseigner les personnes qui souhaitent immigrer au Québec.
Selon son porte-parole, Driss Mbirkou, les dossiers ou documents d'informations que l'on distribue aux immigrants ne sont pas complets ou ne reflètent pas la réalité, notamment dans le domaine des équivalences de diplômes.
Il ajoute que les immigrants arrivent dans la majorité des cas avec des attentes d'intégration relativement rapide, mais que la réalité est souvent tout autre. Il soutient que Québec devrait insister sur les difficultés que rencontreront les immigrants à leur arrivée « et qu'on dresse un portrait réaliste de ce qui se passe, notamment qu'il y a deux à trois fois plus de chômage chez les personnes qui arrivent ».
Les audiences de la commission se poursuivent jeudi, toujours à Laval.