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PC/Patrick Doyle
Maintenant classé au sixième rang des exportateurs d'armes dans le monde, selon le service de recherche du Congrès américain, le Canada semble aussi l'un des plus discrets quant à ses données d'exportation.
Une enquête de la CBC révèle que le Canada a triplé ses exportations d'armes depuis sept ans, pour devenir le sixième exportateur mondial. Toutefois, il ne publie plus de rapports annuels depuis 2002.
Une enquête menée par la CBC montre que la valeur des exportations d'armes par le Canada a plus que triplé depuis sept ans, au point de dépasser celle de ses importations. En sept ans, le Canada a exporté 3,6 milliards de dollars en équipement militaire, selon des données des services frontaliers sur les exportations de munitions, de lance-roquettes et de chars d'assaut.
Ces données sont difficiles à obtenir, puisque le gouvernement canadien n'a publié aucun rapport annuel sur ses exportations militaires depuis 2002. À ce moment, la valeur de ces livraisons à l'étranger atteignait 678 millions de dollars, alors qu'elle n'était que de 304 millions en 1997.
Au ministère des Affaires étrangères, on affirme que des problèmes informatiques empêchent la publication des données.
Project Ploughshares, un groupe de pression sur le contrôle des armes interrogé par la CBC, a indiqué qu'un centre de recherche suisse, le Small Arms Survey, estime que la transparence du Canada à l'égard du contrôle des armes est tout juste supérieure à celle de l'Iran.
Une spécialiste des affaires internationales a révélé pour sa part qu'en vertu d'une entente conclue avec Washington dans les années 40, Ottawa ne compilait pas les données concernant les exportations d'armes aux États-Unis. Ces ventes aux Américains ne nécessitent même pas l'émission d'un permis gouvernemental.
Cette spécialiste a affirmé à la CBC qu'il n'y avait aucun moyen de vérifier si ces équipements vendus aux États-Unis se retrouvaient en fin de compte entre les mains d'un tiers.
Quelque 500 entreprises canadiennes fabriquent de l'équipement militaire au Canada, à l'heure actuelle.
Les ministres des Affaires étrangères, Maxime Bernier, et du Commerce international, David Emerson, n'ont toujours pas réagi aux informations rapportées par le réseau anglais de Radio-Canada.