De retour sur la sellette

Le conseiller municipal André Drouin. Le conseiller municipal André Drouin, en février dernier

C'est devant une salle comble que la commission Bouchard-Taylor tiendra un nouveau forum régional des citoyens sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, mardi soir, à Trois-Rivières.

Le passage de la commission Bouchard-Taylor en Mauricie sera marqué par le témoignage de deux citoyens de la petite municipalité qui a fait la manchette en raison de son code de vie à l'intention des immigrants.

La salle de l'hôtel du Roy sera remplie à craquer, quelque 200 personnes s'étant inscrites auprès de la commission. Il s'agit de la troisième assistance en importance enregistrée par la commission après celles de Saguenay et de Rimouski.

Les travaux de la commission se poursuivront mercredi et jeudi avant-midi avec la présentation des 18 mémoires et 28 témoignages soumis par le public. La demi-journée de jeudi a été ajoutée afin de permettre à tous d'être entendus.

Le point d'orgue de ce nouvel épisode sera le témoignage de deux citoyens d'Hérouxville, où l'adoption d'un controversé code de vie à l'intention des immigrants a largement contribué à alimenter le débat sur les relations entre Québécois de souche et immigrants.

Le conseiller municipal André Drouin présentera ce mémoire mercredi, en compagnie de, Bernard Thompson, qui s'est retrouvé à l'avant-scène de cette controverse en tant que webmestre de cette petite municipalité de 1300 habitants situés à 60 kilomètres de Trois-Rivières.

Le code de vie d'Hérouxville, adopté en janvier dernier, a soulevé un tollé parce qu'il mentionnait notamment que l'excision et la lapidation des femmes étaient illégales au Québec, tout comme le fait de les brûler vives. Ces passages ont fait l'objet de critiques puisqu'ils mettaient l'accent sur des aspects déjà couverts par le Code criminel canadien. Ils ont d'ailleurs été expurgés lors de la publication d'une version subséquente du code de vie.

Le document interdit en outre le port du voile en public, ce qui contredit la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et des jugements, et le port du kirpan à l'école, pourtant permis depuis un jugement de la Cour suprême du Canada.

MM. Drouin et Thompson ont déjà fait savoir la semaine dernière qu'ils considèrent qu'apporter des changements à la Charte canadienne ou réaliser l'indépendance du Québec constituent les deux solutions à privilégier pour éviter toutes les formes d'accommodements religieux.