Les Gaspésiens ouverts à l'immigration

La commission Bouchard-Taylor à Bonaventure, en Gaspésie

La Commission Bouchard-Taylor s'est arrêtée mercredi soir à Bonaventure, en Gaspésie, huitième étape de sa tournée des régions qui prendra fin à la fin novembre.

Malgré certaines craintes, plusieurs citoyens rassemblés à Bonaventure expriment leur volonté d'accueillir davantage d'immigrants pour contrer le déclin économique et démographique de leur région.

La Gaspésie compte 95 800 habitants, dont 450 immigrants, soit moins de 1 % de la population. La région recense cependant une importante minorité anglophone, 11 % des Gaspésiens ayant déclaré l'anglais comme langue maternelle, ainsi que la nation autochtone des Micmacs, installés à Maria, à Listuguj et à Gaspé.

La Gaspésie est confrontée à plusieurs problèmes économiques et démographiques. Le taux de chômage est supérieur à 18 %, comparativement à environ 8 % pour l'ensemble du Québec. Le revenu par habitant est de 18 914 $, soit presque 5000 $ de moins que la moyenne nationale.

En outre, la région se vide de ses jeunes. Depuis 1996, 10 000 personnes ont quitté la Gaspésie. Et le ministère des Régions prévoit un exode de 18 % de la population d'ici 2026.

L'immigration pour contrer le déclin économique et démographique

La commission Bouchard-Taylor à Bonaventure, en Gaspésie.

Malgré certaines craintes, plusieurs citoyens ont affiché une volonté d'ouverture, mercredi soir, devant une assemblée de 70 personnes entassées au Centre communautaire de Bonaventure, sur la côte sud de la Gaspésie.

« Notre avenir en Gaspésie va dépendre de l'immigration parce que nous sommes une société très vieillissante... Nous perdons un poids politique important », a affirmé un participant.

« C'est un bonheur de voir que le Québec se colore, accueille des immigrants avec certains heurts et certaines difficultés, oui. Ça va dépendre de la vitesse d'immigration », a dit un autre.

Bassem Khoudja, un Tunisien arrivé au Québec en 1989, raconte qu'il est maintenant Gaspésien. « Je ne suis plus un immigrant. Je suis dans ma famille. C'était mon choix personnel de venir ici et je m'adapte », a déclaré le préposé aux bénéficiaires dans un centre de Maria. Ce musulman pratique sa religion en privé, mais ne se prive pas de célébrer Noël avec ses voisins.

Hélène Leclair, une autre immigrante installée en Gaspésie, s'est dite fière du « calme et de la sérénité » des Québécois. Elle a cité en exemples le dossier de la crise d'Oka, en 1990, et le calme qui a suivi le référendum de 1995.

Camille Leduc, qui a vécu la majeure partie de sa vie dans la région de Montréal avant de s'installer en Gaspésie, a fait valoir que les différences culturelles existent même entre Québécois. Un Gaspésien qui s'installe à Montréal doit faire face à toute une adaptation, a-t-il raconté.

Le Dr Michel St-Pierre, de Chandler, a critiqué la Charte des droits et l'imposition du multiculturalisme, deux institutions fédérales qui nuisent selon lui à la bonne harmonie.

Par contre, Michel Pouliot, de Gaspé, a été très dur pour les immigrants qui ne s'adaptent pas. Qu'ils retournent chez eux avec leurs « guenilles », a-t-il lancé.

Jeudi, une douzaine de mémoires seront présentés devant la commission Bouchard-Taylor à Bonaventure.