
Renseignements personnels
![]() Photo: AFP/Joel Saget |
Plus les autorités en savent sur quelqu'un, plus la vie privée de cette personne serait protégée, du moins pour quelqu'un qui n'a rien à se reprocher. C'est ce qu'a laissé entendre le secrétaire à la Sécurité intérieure américain, Michael Chertoff, mercredi, en ouverture de la conférence internationale des organisations de liberté civile et de protection de la vie privée, qui se tient à Montréal.
M. Chertoff a ainsi affirmé que des documents d'identification plus sécurisés et le partage des listes de passagers d'avions se rendant aux États-Unis augmenteraient non seulement la sécurité, mais aideraient davantage à protéger la vie privée des individus.
Chaque année, environ 80 millions de personnes se rendent par avion aux États-Unis. Selon M. Chertoff, le partage des listes de passagers permettrait aux autorités de réduire de façon importante leurs cibles de filtrage à l'arrivée en sol américain et ainsi respecter davantage la vie privée.
Le secrétaire à la Sécurité intérieure explique son raisonnement en disant qu'au lieu de procéder au filtrage par hasard, il est plus souhaitable d'amasser « un peu » d'information sur toute personne se rendant aux États-Unis. « En mettant l'accent sur les gens présentant un plus haut risque, nous nous assurons de respecter davantage la vie privée de la grande majorité des voyageurs », a expliqué M. Chertoff.
Il a ensuite ajouté que l'utilisation de nouvelles cartes d'identité avec des puces électroniques et d'autres mesures sécuritaires difficilement copiables pourraient prévenir le vol d'identité d'individus.
Pour appuyer ses propos, M. Chertoff a souligné, à titre d'exemple, qu'un permis de conduire, dans sa forme actuelle, pouvait être copié par n'importe qui à partir d'un ordinateur personnel. Cette personne pourra ensuite voler l'identité de son détenteur et envahir sa vie personnelle. Selon lui, cette situation ne sera plus possible si on utilise une documentation sécurisée.
Le discours de M. Chertoff a été accueilli plutôt froidement par les participants à la conférence.
Le directeur de la technologie à l'Union des libertés civiles américaine, Barry Steinhardt, a ainsi indiqué que les États-Unis font des demandes de listes de passagers à des pays comme le Canada, mais qu'ils ne peuvent le faire sur leurs propres citoyens, notamment en raison de questions de vie privée.
Un responsable européen de la protection des données personnelles a abondé dans le même sens. Il a dénoncé que le gouvernement américain semblait bien préoccupé par la protection de la vie privée des citoyens des États-Unis, mais que ses préoccupations s'amenuisent rapidement lorsqu'il s'agit de protéger la vie privée des citoyens non américains.
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