Fin des audiences à Rouyn

Commission Bouchard-Taylor à Rouyn

La Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables a terminé ses audiences à Rouyn-Noranda.

La Commission Bouchard-Taylor a entendu jeudi une dizaine de mémoires et de témoignages à Rouyn-Noranda. Le manque de structures d'accueil pour les immigrants a été le point commun de tous les mémoires et témoignages.

Après le forum de mercredi soir, où le public s'est rendu en grand nombre, les membres de la commission ont reçu, jeudi, une dizaine de mémoires et de témoignages.

Ce sont surtout des professeurs immigrants de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue qui se sont exprimés.

Obligatoire ou facultatif?

Driss Boukhissimi, professeur de mathématiques à l'UQAT, un musulman d'origine marocaine, a présenté un mémoire à titre personnel. Une de ses recommandations a trouvé écho auprès du coprésident Gérard Bouchard.

M. Boukhissimi recommande de déterminer, avant d'accorder un accommodement, s'il s'agit d'une pratique religieuse obligatoire ou facultative. « Le problème, c'est que certaines catégories de musulmans, qu'on appelle islamistes ou intégristes, érigent ces petites choses qui ne sont pas obligatoires en obligations. [...] Je ne demanderai jamais et, même si on me l'offrait en disant "au nom de la religion, on va t'accommoder, te donner un local pour prier", je le refuserais. On n'a pas besoin de tout cela pour être musulman. [...] En tant que professeur d'université, je refuse qu'un étudiant me dise "il est l'heure de la prière, je vais faire la prière". Ce n'est pas obligatoire de faire la prière à ce temps », a-t-il dit. M. Boukhissimi recommande que des experts décident de la pertinence d'un accommodement.

Déséquilibre

Commission Bouchard-Taylor à Rouyn

Le professeur à la retraite Enrique Colombino, originaire d'Argentine, a témoigné, de son côté, de son expérience personnelle à titre d'immigrant vivant dans une région: « Il y a manque de justice et d'équité dans les millions de dollars qu'on dépense pour recruter un quart de million de nouveaux arrivants en moyenne, chaque année, au Canada pour les débarquer dans cinq ou six villes choisies. Ça donne un biais urbain permanent à l'immigration. Et c'est pour ça que l'Abitibi-Témiscamingue a peu d'immigrants », a-t-il dit

Des citoyens ont aussi pris la parole pour donner leur propre opinion.Gérard Laquerre, un retraité de Rouyn, a proposé une réflexion philosophique sur la nécessité d'encourager l'immigration. « Quand c'est mal géré, la diversité culturelle, c'est une source de problèmes et ce n'est pas un actif pour un pays. Si c'est bien géré, ça peut devenir une richesse », a-t-il dit.

Dans un région comme Rouyn, c'est le manque de structures d'accueil pour les immigrants qui a été le point commun de la plupart des interventions.

La rectrice de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Johanne Jean, a déploré cette lacune: « on est prêt à en accueillir plus, mais pour réussir à le faire, il faudrait absolument avoir des structures d'accueil adéquates », ajoutant qu'il y avait aussi d'importants besoins en francisation.