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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

National

Mise à jour le samedi 8 septembre 2007 à 13 h 50
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Changements climatiques

L'APEC se fixe des objectifs non contraignants

Les dirigeants au sommet de l'APEC

Photo: AFP/John Pryke

À quelques heures de la clôture officielle du Forum Asie-Pacifique (APEC) à Sydney, en Australie, les pays membres ont trouvé un consensus sur la lutte contre les changements climatiques.

Les représentants des pays membres de l'APEC ont convenu de se doter d'objectifs non contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le demandaient l'Australie et les États-Unis.

Selon le texte, les 21 pays membres de l'APEC « aspirent » à améliorer leur efficacité énergétique en réduisant de 25 % leur « intensité énergétique » d'ici 2030. Autrement dit, chaque bien serait produit en utilisant de moins en moins d'énergie.

Hôte du Forum, le premier ministre australien John Howard a indiqué que l'entente impliquait « la nécessité que toutes les nations, quel que soit leur niveau de développement, contribuent selon leurs propres capacités et selon les circonstances à réduire les gaz à effet de serre. »

Principaux éléments de la déclaration de l'APEC

  • Réduction de 25 % du rapport calculé de la consommation d'énergie et de la production par rapport au niveau de 2005, d'ici 2030
  • Étendre la couverture forestière de 20 millions d'hectares d'ici 2020, ce qui permettrait, selon la déclaration, de stocker assez de carbone pour réduire de 11 % les émissions mondiales de GES par rapport à leur niveau de 2004
  • Favoriser la collaboration dans les domaines de l'énergie propre et renouvelable, ainsi que dans le secteur forestier
  • Les pays de l'APEC promettent de futures mesures dans les transports, la sécurité énergétique et de la protection de la faune et de la flore marines

Ce compromis veut surtout rallier les pays en émergence comme la Chine, l'un des plus grands pollueurs du monde avec les États-Unis. Ces pays ne veulent pas prendre part à un programme ayant des cibles précises de réduction des GES, comme le protocole de Kyoto, car ils disent que cela va affecter leur économie.

Le président américain George W. Bush justifie depuis longtemps son opposition au protocole de Kyoto en disant que pour « vraiment régler le problème global du changement climatique, assurons-nous que des pays comme la Chine et l'Inde soient autour de la table ».

Les États-Unis ont effectivement tenté à maintes reprises de discréditer l'accord de Kyoto en faisant valoir que des pays aux économies émergentes et de plus en plus polluantes, tels la Chine, l'Inde ou le Brésil, n'ont pas à atteindre les mêmes objectifs de réduction que les grandes nations occidentales.

Le président chinois a toutefois répliqué samedi que tout système visant à lutter contre les changements climatiques devrait tenir compte des différences de richesse. « Les pays développés devraient tenir compte de leur responsabilité historique et de leurs émissions actuelles élevées », a-t-il dit.

De leur côté, le Canada et le Japon ont fait pression pour réduire la production de gaz à effet de serre de moitié d'ici 2050.

Réactions négatives

Devant cet étalage de bonnes intentions, les experts et environnementalistes ont déploré l'absence d'objectifs concrets véritables pour réduire les émissions de GES. Catherine Fitzpatrick, de l'organisation Greenpeace, a qualifié le texte présenté de « Distraction de Sydney ».

Pendant ce temps, des milliers de manifestants étaient réunis à Sydney pour protester contre le sommet de l'APEC. Ils protestaient à la fois contre la politique des États-Unis et de l'Australie en matière de climat et leur participation à l'invasion de l'Irak.

Les policiers ont fait état de 17 arrestations et de deux blessés.

Harper vante le modèle canadien

Discours de Stephen Harper au sommet de l'APEC en Australie

Discours de Stephen Harper en marge du sommet de l'APEC

Même s'il était déçu du rejet de la proposition canado-japonaise, le premier ministre canadien Stephen Harper a affirmé que le simple fait que les pays les plus pollueurs aient signé un document sur le climat constituait un grand progrès.

Il s'agit d'une déclaration moins ambitieuse qu'espérée, avouent des fonctionnaires canadiens. Mais qui a le mérite de souligner formellement les efforts du Canada en matière environnementale, ajoutent-ils.

Devant plus d'une centaine de représentants du milieu des affaires de l'APEC, vendredi, M. Harper avait vanté l'approche controversée de son gouvernement en matière de réduction des GES. Selon M. Harper, le modèle canadien pourrait même servir d'exemple pour les pays comme la Chine.

Le premier ministre a parlé d'un modèle canadien qui fixe des objectifs de réduction des GES tout en limitant l'impact des mesures environnementales sur l'économie.

Le premier ministre Harper a d'ailleurs profité de sa présence à Sydney pour décocher une flèche en direction des gouvernements qui n'ont, « depuis au moins 10 ans, manifesté qu'un intérêt de pure forme face au problème des changements climatiques, parce qu'ils ne veulent pas dire au grand public que la réduction des émissions de carbone aura de véritables coûts économiques. »

Le premier ministre Harper soutient depuis longtemps que l'atteinte des objectifs du protocole de Kyoto, soit une réduction des émissions de GES de 6 % par rapport à leur niveau de 1990, d'ici 2012, aurait un impact désastreux sur l'économie canadienne.

Le plan présenté par son gouvernement prévoit un échéancier moins serré et des cibles moins ambitieuses, ce qu'ont dénoncé plusieurs groupes environnementalistes et les partis d'opposition.

Le Canada a aussi suscité la colère des environnementalistes en se rangeant derrière les États-Unis et l'Australie qui veulent créer un nouveau groupe appelé AP-6, le Partenariat Asie Pacifique sur le climat. Ce groupe, perçu comme un rival du protocole de Kyoto, voudrait fixer des objectifs de réductions des émissions polluantes nettement moins contraignants que ceux qui pourraient être fixés dans l'éventuelle seconde mouture du protocole de Kyoto.

Bien qu'il ait ratifié le protocole de Kyoto, le Canada n'a pas atteint ses objectifs de réduction de GES. Pire, les émissions du pays ont plutôt augmenté, en partie en raison de l'accélération de l'extraction des très polluants sables bitumineux albertains.


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