
Lutte contre les changements climatiques
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En déposant, mardi, une copie presque identique de son controversé plan de réduction des gaz à effet de serre, le gouvernement Harper vient de donner le coup d'envoi à une bataille politique et juridique avec l'opposition.
Le ministère fédéral de l'Environnement a même poussé l'audace jusqu'à publier de nouveau, en une de son site web, un communiqué datant du 26 avril 2007 dans lequel le ministre John Baird dévoilait son plan initial de lutte contre les changements climatiques.
Ce plan, présenté par un gouvernement opposé à un protocole de Kyoto qu'il juge irréaliste, précisait que l'application de ce même protocole allait avoir un impact économique désastreux pour le Canada.
Alors que le protocole de Kyoto exige du Canada une réduction des gaz à effet de serre de 6 % en 2012 par rapport aux niveaux atteints en 1990, les conservateurs veulent plutôt réduire ces mêmes émissions de 20 % d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2006. Et comme les émissions canadiennes ont augmenté de plus de 25 % depuis 1990, l'objectif des conservateurs revient essentiellement à dire qu'en 2020, les émissions canadiennes seront d'au moins 5 % supérieures à celles d'aujourd'hui.
C'est d'ailleurs pour cette raison que les trois partis d'opposition se sont ligués, en juin dernier, pour faire adopter la Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto, la loi C-288, du député libéral Pablo Rodriguez. Cette loi obligeait le gouvernement fédéral à présenter au plus tard le 21 août un plan d'action de lutte contre les changements climatiques.
Aujourd'hui, les conservateurs estiment avoir répondu « aux exigences relatives au dépôt de documents prévues aux termes [...] de la Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto », et ce, même si dans les faits le gouvernement renie sa signature au bas du protocole de Kyoto.
L'opposition voit rouge
L'opposition n'a pas tardé à réagir et a dénoncé l'attitude du gouvernement Harper. Pour l'auteur de la Loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto, Pablo Rodriguez, l'attitude du gouvernement est inadmissible. Selon lui, le texte déposé par les conservateurs sert en quelque sorte à « justifier leur inaction à l'égard des changements climatiques. »
![]() Photo: La Presse Canadienne /Fred Chartrand Pablo Rodriguez a soumis le projet de loi C-288 en début d'année. |
Il ajoute que les conservateurs font ainsi la preuve qu'ils ne s'intéressent pas à la lutte aux changements climatiques et qu'ils veulent tout faire pour ne pas appliquer les objectifs du protocole de Kyoto.
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Cela fait 18 mois qu'ils sont là et ils n'ont rien fait. On continue de reculer. Nous, on veut agir dès maintenant, les conservateurs nous disent: ''non, nous on va attendre en 2050.'' Tout ça pour faire plaisir à leurs amis de l'industrie du pétrole. — Pablo Rodriguez, auteur de la loi C-288
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M. Rodriguez va encore plus loin et soutient que le plan conservateur contrevient à la loi C-288 et qu'il est, de ce fait, illégal.
Le chef bloquiste Gilles Duceppe affirme de son côté que M. Harper agit de manière irresponsable. Selon lui, ce n'est pas l'application du protocole de Kyoto qui sera désastreuse pour l'économie canadienne, mais bien sa non-application.
Pour le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle, le dernier dépôt du plan fédéral n'a pour but que d'éviter à Ottawa de se mettre dans une situation d'illégalité flagrante, mais, comme il l'explique, « entre la légalité et la moralité il y a une marge. »
M. Bélisle accuse le gouvernement conservateur de chercher à dissimuler sa volonté d'augmenter l'exploitation d'industries polluantes, notamment celle des sables bitumineux albertains.
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