
Un partenariat public-privé
Outre les chefs d'État et leur entourage, le sommet de Montebello accueillera les représentants d'une trentaine de grandes entreprises, qui viendront faire part aux leaders de leurs recommandations sur les mesures propres à créer un meilleur climat d'affaires.
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Ces entreprises font partie du Conseil nord-américain de la compétitivité (CNAC), un organe du PSP. Sa création, annoncée à l'occasion du sommet de Cancun en 2006, avait cependant fait l'objet de discussions dans les mois précédant la seconde rencontre des trois chefs d'État. Formé, à parts égales, de multinationales du Mexique, du Canada et des États-Unis, il naît officiellement le 15 juin.
Parmi les trente multinationales membres du CNAC, on retrouve notamment, pêle-mêle, les canadiennes Suncor Energy, Manulife Financial, Scotiabank, Power corporation et les américaines General Motors, Ford, Chevron, Wal-Mart, Lockheed Martin et General Electric.
La plus récente rencontre entre les représentants du CNAC et ceux des gouvernements a eu lieu à Ottawa, le 23 février dernier. À cette occasion, 50 propositions préliminaires tournant notamment autour de la circulation aux frontières et de l'intégration énergétique ont été remises aux ministres et aux secrétaires d'État des trois pays.
Le CNAC doit aussi profiter de Montebello pour faire des recommandations sur la meilleure façon d'assurer la compétitivité dans certains secteurs clés, que ce soit le manufacturier, celui de l'automobile, du transport ou des services. Les mesures proposées passeront notamment par une harmonisation tant des normes que des exigences en matière de contrôle et de certification.
Le rôle joué par le CNAC permet de voir à l'oeuvre la mécanique du PSP, mais pour en avoir un portrait plus complet, il faut voir comment le partenariat s'est déployé au travers d'une série d'annonces et d'ententes publicisées par Ottawa.
Le PSP est ainsi fait de décisions unilatérales, comme l'injection par le ministre de la Sécurité publique Stockwell Day de 400 millions de dollars sur cinq ans pour accélérer le contrôle des marchandises aux frontières (janvier 2007); de discussions bilatérales canado-américaines sur la question du contrôle d'identité à la frontière (février 2007); d'ententes trilatérales, comme celle conclue en recherche et développement par les ministres responsables de l'énergie des trois pays (juillet 2007).
Toutefois, ces exemples, tout comme ces énoncés d'intention des gouvernements, ne révéleraient qu'une partie des ambitions des acteurs impliqués, sinon forts intéressés, par le PSP. Des projets bien précis, concernant notamment l'exportation de l'eau du Canada et du pétrole tiré des sables bitumineux d'Alberta, auraient fait l'objet de discussions à l'insu du public.