Convoi de l'OTAN en Afghanistan
La force sous commandement de l'OTAN en Afghanistan ne dispose pas des effectifs nécessaires à la réussite de sa mission, affirme un rapport du Parlement britannique, qui s'inquiète aussi de la montée en puissance des talibans dans le pays.
Les pays de l'OTAN se dirigent vers un échec s'ils n'augmentent pas leurs effectifs sur le terrain, affirme un rapport du Parlement britannique. Le premier ministre Harper surenchérit en appelant ses partenaires à s'engager davantage.
Les auteurs du document, membres de la commission de la Défense de la Chambre des communes britannique, disent également être préoccupés par des lacunes dans la formation de la police et de l'armée afghanes.
La Commission s'inquiète particulièrement de la réticence persistante de certains membres de l'OTAN à fournir les troupes nécessaires pour répondre aux besoins fixés par les militaires. « Si ces besoins ne sont pas comblés, nous pourrions perdre la guerre, et cela pourrait se produire assez rapidement », dit le président de cette commission, James Arbuthnot.
Près de 37 000 hommes et femmes de 37 pays servent en Afghanistan. Or, selon le rapport, il faudrait ajouter de toute urgence au moins 2000 autres soldats et augmenter leur équipement militaire pour gagner la guerre.
Les parlementaires britanniques rappellent que ce sont surtout la Grande-Bretagne, les États-Unis et le Canada qui contribuent à cet effort de guerre, et ce, dans les zones les plus dangereuses de l'Afghanistan. Les autres membres de l'OTAN, comme l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et la France, fournissent des contingents dans des zones plus calmes et ont refusé d'augmenter leur participation.
Harper souhaite une participation accrue de l'Europe
Stephen Harper, en conférence de presse au Chili
En visite au Chili, le premier ministre Stephen Harper a réagi au rapport en disant partager la lassitude de ses concitoyens sur le peu de progrès enregistrés en Afghanistan et les pertes canadiennes.
Il dit espérer que les autres membres de l'OTAN augmentent leur participation à l'effort de guerre. Sinon, l'Afghanistan pourrait redevenir un repaire de terroristes et une menace internationale, dit-il.
Il a rappelé que le Canada était engagé en Afghanistan parce que ce pays d'Asie est un État en faillite, responsable d'avoir formé des terroristes qui ont tué près de 25 Canadiens dans les attentats du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001.
« J'estime que fermer les yeux ou faire semblant qu'il n'y a pas de problème n'est pas une solution pour le Canada ou pour quelque pays que ce soit. Ces problèmes vont revenir nous hanter », sauf si les pays occidentaux comme le Canada prennent leurs responsabilités au sérieux, a-t-il dit.
M. Harper a appelé de nouveau les autres pays membres de l'OTAN à s'engager davantage, particulièrement dans les zones à risque. « Notre gouvernement a clairement fait savoir que le fardeau devait être mieux réparti en Afghanistan. Nous avons aussi souligné que le niveau actuel des effectifs ne permet pas d'atteindre nos objectifs à long terme. »
À ses yeux, les Canadiens sont favorables aux principes de la mission, mais se préoccupent du fardeau trop grand supporté par leur pays et jugent les pertes trop élevées. Pas moins de 66 soldats et un diplomate canadiens ont été tués depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, en 2002.