Stephen Harper en terrain controversé

Stephen Harper Des dirigeants de Barrick Gold expliquent leur projet à Stephen Harper.

Le premier ministre Stephen Harper poursuit son voyage en Amérique latine, où il a visité mercredi les bureaux de la société minière canadienne Barrick Gold, au Chili.

Le premier ministre rend une visite à la minière canadienne Barrick Gold à Santiago, dont les pratiques environnementales sont critiquées. L'entreprise se défend en attribuant à des militants professionnels la controverse entourant son projet dans les Andes.

L'entreprise veut exploiter des gisements situés sous des glaciers dans les Andes, qui chevauchent la frontière entre le Chili et l'Argentine. La production de cette mine à ciel ouvert ferait de Barrick Gold le plus gros investisseur étranger du pays.

Mais son projet est controversé. Pendant que les dirigeants du plus grand producteur d'or de la planète expliquaient leur projet au premier ministre, un groupe d'activistes campaient à l'extérieur du gratte-ciel vitré qui sert de siège social à l'entreprise, au centre de Santiago.

Le premier ministre Harper estime que le projet est un modèle de développement responsable. Selon lui, il revient au Chili et à l'Argentine de déterminer si Barrick Gold respecte les normes de protection environnementale.

« Je connais la controverse de ce projet. Barrick Gold s'est engagée à suivre toutes les règles. Nous avons annoncé au sommet du G-8 que le Canada a adopté le protocole sur les industries minières. Nous nous attendons à ce que nos compagnies respectent ces normes. Nous avons l'intention d'être un citoyen social responsable. Mais à la fin, c'est une décision des autorités chiliennes », a-t-il dit.

Le gouvernement chilien de Michelle Bachelet a déjà donné son aval au projet.

Barrick Gold se défend

Des manifestants chiliens Des manifestants chiliens

Le géant minier a profité du passage du premier ministre canadien pour tenter de limiter les dégâts au sujet de son controversé projet minier dans les Andes, qui fait déjà l'objet d'une enquête des autorités chiliennes.

Barrick Gold attribue à des « militants professionnels » la mauvaise réputation qu'a valu à l'entreprise - et au Canada - le gigantesque projet de 2,4 milliards de dollars de Pascua Lima.

« Il y a une petite minorité de gens qui s'opposent très bruyamment au projet, déplore Rodrigo Jimenez, directeur régional de Barrick Gold. Plusieurs d'entre eux, en raison de leur militantisme professionnel, s'opposent malheureusement à tout type de développement, que ce soit des mines, du gaz ou n'importe quel projet à travers le monde. »

« Les gouvernements chiliens et argentins ont imposé plus de 400 conditions environnementales auxquelles nous répondons. Nous avons l'appui des populations locales. » — Rodrigo Jimenez, directeur régional de Barrick Gold

Un comité de la Chambre des députés du Chili se penche toutefois sur des accusations selon lesquelles le projet de mine d'or et d'argent nuit à l'environnement et chasse les populations autochtones.

Les membres du comité ont entendu, au cours des dernières semaines, le témoignage de représentants locaux qui affirment que des glaciers essentiels à leur agriculture et à leur approvisionnement en eau potable ont été endommagés de manière irréversible.

Des politiciens canadiens fédéraux se sont aussi dits prêts à ouvrir une enquête pour tenter de faire la lumière sur des allégations selon lesquelles l'évaluation de l'impact environnemental du projet n'a pas été réalisée correctement.

Stephen Harper se rendra à la Barbade, jeudi, avant de terminer son voyage en Haïti, vendredi.